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Trappes : qui sont les deux jeunes condamnés à de la prison ferme ?

Un autre a écopé de prison avec sursis et deux personnes ont été relaxées. Francetv info revient sur le profil de ces cinq prévenus.

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France Télévisions
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Des personnes sortent de l'audience en comparution immédiate après les violences de Trappes, au tribunal de Versailles (Yvelines), le 22 juillet 2013. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Après les violences survenues à Trappes (Yvelines) à la suite d'un incident lors du contrôle d'identité d'une femme voilée, cinq jeunes hommes soupçonnés d'actes de violence ont été jugés en comparution immédiate, lundi 22 juillet, par le tribunal correctionnel de Versailles. Deux d'entre eux ont été condamnés à dix et six mois de prison ferme. Un troisième a écopé de six mois avec sursis. Deux autres ont été relaxés par le tribunal.

Le parquet va faire appel de ces relaxes, ainsi que des peines prononcées, inférieures à ses réquisitions (12, 9 et 6 mois de prison ferme). Les jeunes prévenus, qui ont pour la plupart des attaches dans cette ville de banlieue, ont nié leur participation aux jets de pierres, affirmant avoir été interpellés par erreur. Francetv info revient sur leur profil.

Ablaye, 21 ans, dix mois ferme : "Un dossier mal ficelé"

Il est soupçonné d'avoir jeté des pierres, ramassées sur un chantier, sur des policiers postés aux abords du commissariat de Trappes, samedi vers 2h45. Le bâtiment avait déjà été la cible de violences la nuit précédente. Des tirs de mortier lui sont également reprochés.

Abaye, qui a écopé dans cette affaire de dix mois de prison ferme avec mandat de dépôt, a déjà été condamné à trois reprises dans le passé, notamment pour violences aggravées. Son avocat, Frédéric Landon, regrette "un dossier mal ficelé" et "un contexte où il fallait trouver des auteurs pour ne pas laisser ces faits sans sanction". 

Yaya, 19 ans, six mois ferme : "Je n'ai lancé aucune pierre"

"Je n'ai lancé aucune pierre, c'est moi qui ai reçu des coups", explique ce jeune condamné à six mois de prison ferme pour violences et rébellion. Lorsque le procureur lui demande ce qu'il faisait dehors à 1h30, ce jeune musulman qui fait le ramadan répond : "J'avais faim, je suis allé à la crêperie et je rentrais chez moi. Mais sur ma route, les policiers ont chargé."

Le jeune homme devrait être convoqué devant un juge dans le cadre d'un aménagement de peine. Dans le passé, il avait fait l'objet d'un rappel à la loi pour escroquerie et avait été condamné à 400 euros d'amende pour une infraction routière. "C'est un contexte particulier, c'est le ramadan, les gens ont tendance à sortir davantage et tard, avec le risque de se trouver au mauvais endroit", a expliqué aux journalistes David Gavariaux, son avocat.

Slimane, 18 ans, six mois avec sursis : "Des jeunes sans antécédents judiciaires sérieux"

Comme Ablaye, il est soupçonné d'avoir jeté des pierres sur des policiers et d'avoir participé à des tirs de mortier. Slimane, en revanche, n'a pas de casier judiciaire. "Nous avons affaire à des jeunes gens sans antécédents judiciaires sérieux, qui ont été les spectateurs passifs de ce qui s'est passé", observe son avocat, Frédéric Landon, qui défend aussi Ablaye.

"Ils ne peuvent pas porter la responsabilité de ce qui s'est passé pendant 48 heures", plaide-t-il pour ses deux clients, réfutant l'hypothèse de violences attribuées à des émeutiers professionnels.

Julien, 24 ans, relaxé : "Il y a erreur sur la personne"

Cet agent de sécurité de 24 ans, converti à l'islam depuis trois mois, reconnaît être descendu à plusieurs reprises vendredi, tard dans la nuit, dans le quartier des Merisiers pour "regarder ce qui se passait""Mais, ce n'était pas pour inciter à la violence", assure-t-il. Selon lui, "il y a erreur sur la personne". Lui et un autre jeune de 20 ans ont été relaxés.

Une troisième personne interpellée, mineure, va être présentée à un juge des enfants. Par ailleurs, plusieurs audiences ont été renvoyées. Deux prévenus ont été placés sous contrôle judiciaire et seront jugés les 19 septembre et 21 novembre. La présidente du tribunal, Françoise Dufour, a également décidé de renvoyer au 19 septembre le procès d'un autre prévenu, hospitalisé en raison d'une affection de longue durée. 

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