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Réduire la limitation de vitesse de 10 km/h, est-ce efficace ?

Selon "Le Figaro", le ministre de l'Intérieur est favorable au passage de 130 km/h à 120 km/h sur autoroute, et de 90 km/h à 80 km/h sur nationale.

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France Télévisions
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Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est favorable au passage d'une limitation de vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les routes nationales. (MAXPPP)

Forcer les automobilistes à rouler moins vite. C'est l'objectif de Manuel Valls. Jeudi 11 juillet, à l'occasion de la présentation du bilan de l'accidentalité routière du premier semestre 2013, le ministre de l'Intérieur a confirmé qu'il lançait "la réflexion sur ce sujet", révèle Le Figaro. Concrètement, alors que le bilan du début d'année est positif, il espère tout de même un passage de 130 km/h à 120 km/h sur autoroute, et de 90 km/h à 80 km/h sur nationale, précise le journal. Dans le même temps, le ministre s'est dit "favorable" à une baisse de 80 km/h à 70 km/h de la vitesse maximale autorisée sur le périphérique parisien. De telles mesures sont-elles efficaces ? Eléments de réponse.

Ce que dit le gouvernement

Pour réduire la mortalité sur les routes, Manuel Valls en est "convaincu" :  rouler moins vite est un moyen d'y parvenir. "A chaque fois que nous avons baissé la vitesse, notamment sur le réseau secondaire ou en ville, nous avons obtenu des résultats", a-t-il argué jeudi, rapporte Le Figaro. Pour illustrer son propos, il cite l'exemple espagnol, affirmant que le passage de 130 km/h à 120 km/h a permis de passer sous la barre des 1 500 morts.

Point de vue partagé par Frédéric Péchenard, le délégué interministériel à la sécurité routière. "L'ennemi n°1 sur la route, c'est la vitesse excessive ou inadaptée", martèle-t-il. Et de rappeler que "ce facteur est présent dans plus de 26% des accidents mortels", ce que plusieurs études confirment.

Ce que disent les experts

"Si on baisse la vitesse, on gagne des vies, et c'est imparable", expliquait au Figaro Sylvain Lassarre, directeur de recherche au sein de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux, et spécialiste de l'analyse du risque routier.

Concrètement, quand on baisse de 1% la vitesse moyenne, on diminue de 4% le taux d'accidents mortels et on réduit de 2% le nombre d'accidents graves, indique une formule scientifique qui, d'après Le Figaro, "fait office de loi".

Ce que disent les partisans

"Si on veut une nouvelle baisse importante, il faut une nouvelle diminution des vitesses", a plaidé la responsable de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon. Elle souhaite une vitesse plafonnée à 120km/h sur autoroute. "En Europe, 60% des autoroutes ont adopté cette limitation", fait-elle valoir. En effet, l'Irlande, le Portugal ou encore en Belgique ont sauté le pas.

Ce que disent les opposants

Pour l'association 40 millions d'automobilistes, l'autoroute à 120 km/h est une "aberration". Elle écrit dans un communiqué (PDF) publié le 5 juillet que "depuis 2012, les accidents mortels sur autoroute ne représentent plus que 6% du total des accidents, ce qui en fait le réseau le plus sûr de France". Et de préciser que "ces accidents ne sont dus que pour 13% d'entre eux à une vitesse inadaptée".

Dénonçant une "répression routière à outrance", l'association affirme que "la vitesse excessive constitue la troisième cause de mortalité sur les routes, loin derrière l'alcool et la somnolence" et plaide pour des mesures en ce sens.

Le débat risque de faire rage, car "pour l'heure, aucune décision n'a été prise officiellement", affirme Le Figaro. La concertation sera menée par le Conseil national de la sécurité routière avec les acteurs concernés, soit l'ensemble des associations et les collectivités territoriales. La réflexion prendra fin à l'automne 2013.

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