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Prêtre tué en Vendée : "La mort d'un homme ne doit pas susciter de polémique", le porte-parole de la Conférence des évêques appelle au recueillement

 "Le sentiment est l'incompréhension, le mystère du mal. Comment un homme qui est accueilli peut-il tuer son frère ?", s'est interrogé le père Hugues de Woillemont. 

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Radio France
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Le père Olivier Maire a été tué ici, dans les locaux de la communauté des frères missionnaires Montfortains, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. (MATTHIEU BONHOURE / RADIO FRANCE)

"La mort d'un homme ne doit pas susciter de polémique. Le temps est celui du recueillement", a déclaré sur franceinfo mardi 10 août le père Hugues de Woillemont, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France, après le meurtre du père Olivier Maire, et les nombreuses réactions autour de la présence en France, libre sous contrôle judiciaire, du meurtrier présumé. Cet homme est mis en examen dans l'enquête sur l'incendie de la cathédrale de Nantes, en juillet 2020.

>> Retrouvez toutes les infos sur le meurtre d'un prêtre à Saint-Laurent-sur-Sèvre dans notre direct

franceinfo : Au lendemain du meurtre du père Olivier Maire, quel est votre état d'esprit ?

Père Hugues de Woillemont : Beaucoup de fidèles et au-delà sont tristes de ce qu'il s'est passé. La mort du père Olivier Maire met en lumière sa vie : une vie donnée, généreuse, très ouverte aux souffrances des autres. Ce qu'il s'est passé nous montre le coût de l'hospitalité. Il a pris le risque d'accueillir cet homme qui sortait de prison. C'est aussi ce témoignage qu'il faut garder, avec la tristesse et l'effroi, mais aussi le remercier.

Le meurtrier avait mis le feu à la cathédrale de Nantes en 2020. Est-ce que le fait que le père Olivier Maire l'ait accueilli malgré tout vous touche ?

Oui, c'est le sens de sa vie. De vivre l'évangile, de suivre le Christ. Ce signe d'un homme qui accueille un frère en détresse touche beaucoup, en France et au-delà. L'Eglise a une longue tradition d'hospitalité. Le père Olivier Maire était ouvert aux souffrances des autres depuis longtemps. Il était notamment visiteur en prison et connaissait certainement le passé de cet homme. Connaissait-il son profil psychiatrique ? Je ne le sais pas.

Que pensez-vous de la polémique autour de la présence de cet homme en France ?

La mort d'un homme ne doit pas susciter de polémique. Le temps est celui du recueillement, de la reconnaissance, pour la vie du père Olivier Maire. Nous pensons aussi à l'auteur présumé. Il faut laisser le temps, dans les prochaines semaines, pour évaluer ce qu'il s'est passé et en tirer les conséquences. Le sentiment est l'incompréhension, le mystère du mal. Comment un homme qui est accueilli peut-il tuer son frère ? On est dans une attitude de prière, de confiance et d'espérance.

Faudrait-il que les prêtres soient mieux formés pour bien accueillir ?

Peut-être. Il faut laisser l'enquête se conduire, en voir les résultats et évaluer le poids du facteur psychiatrique. Peut-être que cet homme a eu un coup de folie, et ça, c'est compliqué de le prévoir. Il y aura toujours de la précaution à avoir, il faudra sans doute continuer à l'améliorer, mais il y a cet appel à l'hospitalité qui est très fort dans la tradition biblique. 

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