Vidéo Pédocriminalité dans l'Église : "Le secret de la confession est plus fort que les lois de la République", selon Mgr Éric de Moulins-Beaufort

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"Il ouvre un espace de parole libre qui se fait devant Dieu", a expliqué le président de la Conférence des évêques de France, qui reconnaît qu'en cas d'aveu d'un pédophile, "c'est un vrai souci".

"Le secret de la confession s'impose à nous et en cela, il est plus fort que les lois de la République", a déclaré Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, mercredi 6 octobre sur franceinfo. "Il ouvre un espace de parole libre qui se fait devant Dieu", a-t-il ajouté, au lendemain de la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus dans l'Église (Ciase).

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L'article 434-3 du code pénal indique que "le fait, pour quiconque ayant connaissance d'agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives ou de continuer à ne pas informer ces autorités tant que ces infractions n'ont pas cessé est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende". Il indique également que "lorsque le défaut d'information concerne une infraction commise sur un mineur de 15 ans, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende".

Pour Éric de Moulins-Beaufort, "il y a deux cas". D'abord celui "du pédophile qui viendrait se confesser". "Comme c'est secret, on ne sait pas s'il y en a qui le font" et "il est vraisemblable qu'il n'y en a pas beaucoup qui le font", ou bien "de manière euphémisée". Pour lui, "c'est un vrai souci". "Il faut certainement que nous soyons plus précis, plus fermes, sur le fait que les violences sexuelles ne sont pas un problème de chasteté" mais "un problème d'atteinte à la vie, de crime, de meurtre, symboliquement au moins. Il est très important de le voir, donc il faut que les confesseurs soient bien conscients de cela".

"Il faut trouver le moyen de permettre de parler autrement"

"D'autre part, il peut y avoir le cas d'un enfant qui dit quelque chose, qui laisse entendre, qui fait comprendre qu'il est lui-même victime", a poursuvi le président de la Conférence des évêques de France. "Il faut que nous trouvions le moyen de permettre à cet enfant de parler autrement, mais beaucoup d'enfants ne parlent en confession que parce qu'ils savent que c'est secret", a-t-il affirmé, estimant que "s'ils découvrent que nous utilisons ce qu'ils disent pour aller faire du mal à leurs parents, c'est un problème, parce que les enfants ne veulent pas, souvent, que l'on touche à leurs parents".

Selon Mgr Éric de Moulins-Beaufort, "c'est déjà un premier pas, pour les enfants, de pouvoir parler en confession". "Il faut que nous nous formions pour apprendre, à partir de cette parole, à rendre possible une autre parole", a-t-il encore déclaré. Cela lui "paraît beaucoup plus important et porteur de meilleurs fruits".

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