Pédophilie : le prêtre Bernard Preynat, à l'origine de l'affaire Barbarin, réduit à l'état laïc par la justice ecclésiastique

Le père Preynat, âgé de 74 ans, avait été mis en examen depuis février 2016 pour agressions sexuelles sur mineurs.

Le prêtre Bernard Preynat a été réduit à l\'état laïc par la justice ecclésiastique, jeudi 4 juillet 2019.
Le prêtre Bernard Preynat a été réduit à l'état laïc par la justice ecclésiastique, jeudi 4 juillet 2019. (FRANCE 3 RHÔNE-ALPES)

Bernard Preynat n'est plus un homme d'église. Ce prêtre, à l'origine de l'affaire Barbarin, a été réduit à l'état laïc par la justice ecclésiastique, qui l'a annoncé jeudi 4 juillet. La justice française l'avait déjà mis en examen en février 2016 pour agressions sexuelles sur mineurs.

>> Récit. Comment l'affaire Preynat, un prêtre accusé de pédophilie, a conduit le cardinal Barbarin devant la justice

"Au regard des faits et de leur récurrence, du grand nombre de victimes, du fait que l'abbé Bernard Preynat a abusé de l'autorité que lui conférait sa position au sein du groupe scout (...), le tribunal a décidé de lui appliquer la peine maximale prévue par le droit de l'Eglise dans un tel cas, à savoir le renvoi de l'état clérical", détaille le tribunal ecclésiastique dans un communiqué dont l'AFP a obtenu copie. Il dispose d'un mois pour interjeter un appel qui serait suspensif.

"Une décision qu'ils auraient toujours dû prendre", réagit La Parole libérée

Sa culpabilité "étant désormais reconnue", le tribunal ecclésiastique "pourra désormais se consacrer plus entièrement à l'étude de chacune des demandes de réparations financières des victimes", est-il encore mentionné. Mis en examen par ailleurs en 2016, le père Preynat, âgé de 74 ans, devrait être jugé dans les prochains mois pour des agressions sexuelles datant d'avant 1991.

Les agissements du père Preynat ont, par effet de ricochet, éclaboussé le cardinal Barbarin, condamné en mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas l'avoir dénoncé à la justice. "Ils sont contraints d'arriver à une décision qu'ils auraient toujours dû prendre", a réagi François Devaux, cofondateur de l'Association de victimes La Parole libérée. Il s'interroge par ailleurs sur le processus d'indemnisation des victimes qui débute, ce procès étant une première selon lui en France.