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Pédocriminalité dans l'Eglise : la question du secret de la confession divise les catholiques lyonnais

Le président de la conférence des évêques de France a estimé mercredi que le secret de la confession était "plus fort que les lois de la République", provoquant un tollé et divisant les catholiques, comme à Lyon, marqués par l'affaire Preynat et la démission du cardinal Barbarin.

Article rédigé par Christophe Vincent
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des fidèles prient à Notre-Dame-de-Fourvière, le 5 mars 2013, à Lyon. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

"Le secret de la confession est plus fort que les lois de la République", affirmait mercredi 6 octobre Eric de Moulins-Beaufort sur franceinfo. Les vives réactions qui ont suivi ont incité le président de la conférence des évêques de France à préciser son propos : pour lui, le droit canonique n'est pas contraire au droit pénal français. À Lyon, où l'affaire Preynat avait fait vaciller le diocèse et démissionner le cardinal Barbarin, la question continue cependant de diviser.

"Un enfant, il faut que l’on puisse porter sa parole"

À la sortie de la messe du soir, à la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, les fidèles sont partagés. "Le confessionnal reste un endroit où on a une latitude à dire ce que l'on a sur la conscience, sans que cela soit rapporté", indique l’un d’eux. "Je suis pour qu'on puisse lever totalement la primauté du confessionnal, affirme au contraire sa voisine. Je pense qu'un adulte peut davantage se défendre. Un enfant, il faut porter sa parole." "C'est vrai que c'est scandaleux ce qui est arrivé, mais je ne suis pas favorable, rétorque un troisième fidèle. Cela risque d'inciter les gens à ne plus aller se confesser."

Pour le recteur de Fourvière, il faut à la fois protéger l'enfant et préserver la confidentialité du confessionnal. "J'essaie de me mettre dans la peau d'un enfant qui confierait ce drame absolu qu'est le fait d'avoir été agressé pour qu'il puisse l'exprimer, indique ainsi Yves Guerpillon. C'est extrêmement difficile. Je crois vraiment qu'il est important qu'il puisse savoir que le prêtre qui se confie va l'écouter et ne va pas trahir sa confidence."

"Le prêtre doit pouvoir dire à l'enfant : 'Ce que tu dis là, tu sais, c'est extrêmement grave. Tu ne peux pas simplement en parler au prêtre'."

Yves Guerpillon, recteur de Notre-Dame-de-Fourvière

à franceinfo

"Le prêtre a le droit de dire cela dans la confession, poursuit le recteur. Dans un deuxième temps, il pourra s'ouvrir soit à ses parents qui, je l'espère, seront à son écoute, soit bien sûr à son enseignant, etc. C'est-à-dire dans un cadre confidentiel, mais qui n'est pas le secret de la confession." Sceptiques, d'autres prêtres confient que les agressions sexuelles révélées à la confession sont rarissimes.

Les catholiques et la polémique sur le secret de la confession : reportage à Lyon de Christophe Vincent

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