Affaire Preynat : "Ce sera assurément une libération pour les victimes", affirme l'avocat d'un plaignant avant le procès

L'ancien prêtre Bernard Preynat est à l'origine de l'affaire Barbarin. Il doit être jugé lundi par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits d'agressions sexuelles.

Une messe en hommage aux victimes de Bernard Preynat à Sainte-Foy-lès-Lyon, le 7 novembre 2016.
Une messe en hommage aux victimes de Bernard Preynat à Sainte-Foy-lès-Lyon, le 7 novembre 2016. (JEFF PACHOUD / AFP)

"Ce procès sera assurément une libération pour les victimes", a indiqué lundi 13 janvier sur franceinfo maître Jean Boudot, l'avocat d'un plaignant, alors que s'ouvre à Lyon le procès de l'ex-prêtre Bernard Preynat, 74 ans, accusé d'agressions sexuelles sur des scouts de la région pendant les années 1980-1990. Des faits qu'il a reconnus, et qui ont mis en cause le cardinal Barbarin, condamné en première instance en 2019 pour ne les avoir pas dénoncés.

Le procès doit avoir lieu jusqu'à vendredi, sauf si la grève des avocats lyonnais oblige le tribunal à le reporter. Ce sera une libération y compris pour les victimes "dont les agressions sont prescrites et qui seront un certain nombre seront dans la salle d'audience", a-t-il ajouté.

>> Récit. Comment l'affaire Preynat, un prêtre accusé de pédophilie, a conduit le cardinal Barbarin devant la justice

Ces agressions ont été commises entre 1971 et 1991, alors que Bernard Preynat officiait comme vicaire-aumônier scout à Sainte-Foy-Les-Lyon (Rhône). Dix victimes mineures au moment des faits se sont constituées partie civile, en plus d'une poignée d'associations. Les plaignants, des scouts âgés de 7 à 15 ans à l'époque, reprochent essentiellement à cet ex-curé, des attouchements, baisers sur la bouche et caresses réciproques contraintes, notamment sur le sexe. L'ex-prêtre a reconnu la plupart des faits devant la police. Il encourt jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. "C'est fondamental pour une victime d'avoir une reconnaissance de cette qualité de victime par la société", a insisté maître Jean Boudot.

C'est un moment qui est un moment majeur pour les victimes parce qu'il est rare d'avoir un prévenu jugé si longtemps après les faits, ça veut dire qu'il y a une parole des victimes qui a été, très difficile, très douloureuse à faire sortir.Me Jean Boudotà franceinfo

"Ces infractions d'atteinte sexuelle sur mineurs sont terribles parce qu'elles enferment non seulement dans le silence et dans un silence qui s'accompagne souvent d'une culpabilité terrible, rappelle l'avocat. Des neurobiologistes expliquent que les souffrances sont telles que le traumatisme va se cacher dans un endroit du cerveau. On parle d'amnésie traumatique. Il y une vraie dissociation qui est faite. On a des gens qui sont dans l'incapacité, non pas simplement psychologique, mais physique, neurobiologique, de parler. Et cette affaire est vraiment symptomatique de ça, du temps que peut mettre la parole pour être libérée, le courage qu'il va falloir. Ce procès est un enseignement parfait ou un rappel nécessaire de ce que sont ces infractions et de leurs conséquences sur les victimes. C'est très important qu'on puisse avoir, quand on est victime d'une infraction sexuelle, un procès et un auteur condamné", a insisté Me Jean Boudot.