Interdiction du Burkini : les communes qui maintiennent l'arrêté et celles qui le lèvent

La plupart de ces arrêtés prennent fin à la fin du mois d'août ou mi-septembre. 

L\'arrêté contre le port du burkini affiché devant la page de Saint-Jean Cap Ferrat (Alpes-Maritimes), le 19 août 2016. 
L'arrêté contre le port du burkini affiché devant la page de Saint-Jean Cap Ferrat (Alpes-Maritimes), le 19 août 2016.  (JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP)

Ils persistent et signent. Plusieurs maires ont annoncé, vendredi 26 août, maintenir leurs arrêtés anti-burkini, malgré la décision du Conseil d'Etat de suspendre l'arrêté similaire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes).  Au total, une trentaine de ville ont pris un arrêté. Franceinfo revient sur les principales villes qui le maintiennent et le lèvent.

Les mairies qui font de la résistance

Le maire (LR) de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, a annoncé vendredi qu'il ne retirait pas son arrêté anti-burkini. L'élu a indiqué devant la presse que le groupe parlementaire LR déposerait à la rentrée une proposition de loi contre le burkini.

La mairie de Sisco (Haute-Corse) a elle aussi décidé de maintenir son arrêté "anti-burkini", pris au lendemain d'une violente rixe entre des Marocains de Furiani et des villageois dans sa commune mi-août.

Le maire de Mandelieu-la-Napoule, première commune à avoir adopté un tel arrêté en 2013, assurait vendredi soir dans un communiqué vouloir maintenir son application. Le maire rappelle avoir pris cet arrêté suite à des affrontements sur une plage "entre des personnes qui se baignaient habillées et d'autres qui leur demandaient de quitter le plan d'eau".

A Nice, les femmes portant un burkini "continueront d'être verbalisées", tant que l'arrêté n'est pas invalidé, a expliqué la municipalité. A l'instar d'une trentaine de municipalités françaises, Nice a interdit, dans son arrêté du 18 août, l'accès aux plages publiques "à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité et respectant les règles d'hygiène et de sécurité des baignades".

Le maire FN de Fréjus, David Rachline, estime que "l'arrêté de Fréjus est toujours valable". "Aucune procédure n'est en cours contre notre arrêté", a-t-il affirmé, rappelant que le texte court jusqu'au 12 septembre. 

Le maire LR de Leucate (Aude) Michel Py a lui aussi annoncé maintenir son arrêté anti-burkini. "Je le maintiens mais il n'y a pas lieu de la prolonger après le 31 août car l'essentiel de la saison touristique est passée", a-t-il indiqué. L'arrêté a "montré son efficacité car depuis sa signature (le 17 août) je n'ai eu qu'un cas. Et à l'intervention de la police, ils ont quitté la plage sans qu'il y ait verbalisation", a ajouté le maire de Leucate.

Le député-maire LR du Touquet, Daniel Fasquelle, juge que son arrêté visant à "assurer la sécurité sur la plage" n'a été que "partiellement invalidé" par la décision du Conseil d'Etat et "continuera de s'appliquer". Auprès d'i-Télé, il a justifié son arrêté à cause des "phénomènes de courant" de la plage du Touquet.

Le député-maire LR de Menton a affirmé qu'il maintenait son arrêté, qui s'applique jusqu'au 31 août, et que la situation "extrêmement tendue" dans sa ville frontalière avec l'Italie "doit être prise en compte".

Les mairies qui annulent leurs arrêtés

Le maire d'Eze, une petite commune des Alpes-Maritimes, Stéphane Cherki (DVD) a décidé d'annuler l'arrêté "par respect du Conseil d'Etat", précisant qu'aucune femme en burkini n'avait été verbalisée dans sa commune.

Le maire DVD de Cagnano (Haute-Corse) Albert Mattei va retirer l'arrêté qu'il avait pris au lendemain de celui de Sisco. "Je ne vais pas restreindre les libertés individuelles, sinon on va finir par prendre un arrêté anti-seins nus ou autres. Et enfin, ça ne gêne pas grand monde" a-t-il affirmé.