Taha Bouhafs condamné en appel pour "injure raciste" contre la syndicaliste policière Linda Kebbab

Taha Bouhafs avait déclaré que la policière Linda Kebbab, membre du syndicat Unité SGP-FO, était une "Arabe de service" en 2020. 

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Radio France
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Taha Bouhafs lors du meeting d'été de la France Insoumise (AMFIS), le 17 juillet 2021. (UGO PADOVANI / HANS LUCAS / VIA AFP)

Taha Bouhafs a été condamné en appel à 1 000 euros d'amende avec sursis pour "injure raciste", jeudi 27 octobre. L'ex-candidat de La France insoumise aux élections législatives dans la 14e circonscription du Rhône, avant de se retirer, avait déclaré que la policière Linda Kebbab, membre du syndicat Unité SGP-FO, était une "Arabe de service" en 2020.

La policière s'est félicitée de cette condamnation sur Twitter. Pour elle, cela "démontre que nul milieu n'est exempté de comportements racistes et discriminatoires.  Nul ne devrait être visé ou sali, discriminé ou injurié, à raison de ses origines. Nul ne devrait l'être tout court". Linda Kebbab estime que le militantisme de Taha Bouhafs est "supposé antiraciste" alors qu'il est "en réalité exclusivement anti-police" et qu'il "n'a pas vocation à unir mais à désunir dans la rancœur".

Rejetant l'expression "Arabe de service" et ce qu'elle recouvre, la plaignante tient à rappeler que, "non [elle n'a] pas été nommée pour servir d'alibi ou de caution" à la police ni à son syndicat.

"Qui peut honnêtement penser que je suis moi-même raciste des Arabes ?"

Taha Bouhafs, lui, annonce qu'il va se pourvoir en cassation. "Cette décision s'entête dans la violation de ma liberté d'expression et dans la répression de l'antiracisme politique. La formule utilisée visait à qualifier une stratégie raciste de l'institution policière et dénoncer la position politique de Linda Kebbab, représentante d'un syndicat de police dont un des porte-parole déclare à la TV que : 'Dire bamboula à un noir était à peu près convenable'", a expliqué le journaliste militant sur Twitter.

"Je subis la violence du racisme depuis que je suis en âge de le comprendre. J'ai donné, sans hésiter, les premières années de ma vie de jeune adulte à combattre ardemment cette haine, ses soldats et ses stratagèmes. Qui peut, aujourd'hui, honnêtement penser que je suis moi-même raciste des Arabes ?", a-t-il interrogé.

Taha Bouhafs avait déjà été condamné en première instance à 1 500 euros d'amende à l'automne 2021. Pressenti pour être candidat aux élections législatives dans la 14e circonscription du Rhône pour La France insoumise, il avait finalement dû se retirer de la course après avoir été visé par des accusations de viol et de violences psychologiques envers des femmes. Une enquête interne est ouverte au sein du parti.

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