Le manque de données entrave la lutte contre le "racisme systémique" dans la police, selon des experts de l'ONU

Un organisme de l'ONU "chargé de promouvoir la justice et l'égalité raciales dans le contexte du maintien de l'ordre" a été créé en 2021, après le meurtre de George Floyd par un policier blanc. 

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Une manifestation Black Lives Matter, le 10 septembre 2022, après la mort de Chris Kaba, tué par la police, à Londres (Royaume-Uni).  (GETTY IMAGES)

Le manque de données dans de nombreux pays sur "la race ou l'origine ethnique" des personnes arrêtées ou tuées par la police constitue un obstacle majeur à la lutte contre le "racisme systémique", selon un rapport d'experts de l'ONU présenté lundi 3 octobre. Il y a un "besoin crucial de collecter, d'analyser, d'utiliser et de publier des données par race ou origine ethnique", a déclaré Yvonne Mokgoro, une ancienne juge sud-africaine, en présentant ce rapport devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

Aux Etats-Unis par exemple, il n'existe pas de système centralisé pour collecter ces statistiques. Si la collecte de données ne mettra pas fin en soi au racisme, a poursuivi Yvonne Mokgoro, c'est "une première étape essentielle pour mettre en évidence l'ampleur du racisme systémique envers les Africains et les personnes d'ascendance africaine, et ses manifestations chez les forces de l'ordre et dans la justice".

Pour que le racisme systémique "devienne visible"

"Il est essentiel que le racisme systémique, y compris ses dimensions structurelles et institutionnelles, devienne visible", a-t-elle résumé. Yvonne Mogkoro est la présidente du "Mécanisme international d'experts indépendants chargé de promouvoir la justice et l'égalité raciales dans le contexte du maintien de l'ordre", qui compte deux autres membres. Il a été mis en place en 2021 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, après le meurtre aux Etats-Unis de George Floyd, un Afro-américain qui n'était pas armé, par un policier blanc.

En présentant un rapport séparé lundi, la Haute-Commissaire adjointe des Nations unies aux droits de l'homme, Nada Al-Nashif, a détaillé sept cas récents de décès liés à la police aux Etats-Unis, en France, au Brésil, en Grande-Bretagne et en Colombie, en précisant que dans chacun de ces cas "les familles recherchent toujours la vérité (et) la justice".

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