L'une des victimes de l'agression au couteau près de la Tour Eiffel dénonce "un acte raciste"

Tout est parti d'une dispute à propos d'un chien qui n'était pas tenu en laisse. Les deux femmes accusées d'avoir agressé les deux autres ont été mises en examen. Le parquet de Paris a retenu le caractère raciste de l'agression.

Article rédigé par
Margaux Stive - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le Champs de Mars à Paris, le 20 mars 2020 (photo d'illustration). (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les deux femmes accusées d'avoir poignardé deux femmes sur le Champ de Mars à Paris, dimanche 18 octobre, ont été mises en examen pour "violences volontaires à caractère raciste". L'une a été placée sous contrôle judiciaire, l'autre en détention provisoire. Tout est parti d'une dispute à propos de leur chien qui n'était pas tenu en laisse, puis le ton est monté. Les deux victimes dénoncent, elles, une agression raciste.

"Elles nous ont traitées de 'sales Arabes' "

Quatre jours après l'agression, Kenza, 19 ans, a un encore un bandage autour de la tête, très mal au ventre et l'air épuisée. Le soir de l’agression, elle se promène en famille, cinq adultes et quatre enfants, sur le Champ de Mars. Un chien, un pitbull selon elle, s'approche alors des petits. Les deux propriétaires de l'animal, deux femmes d'une vingtaine d'années, arrivent. Elles sont alcoolisées et le ton monte immédiatement, raconte Kenza : "Une des femmes s’est approchée de ma soeur, qui est voilée, et a voulu lui arracher son voile. Donc moi, je me suis interposée. À ce moment, elles nous ont traitées de 'sales Arabes'. Elles étaient violentes."

Elle ne s’arrêtait pas, elle s’est acharnée. Son but c’était de me tuer.

Kenza, 19 ans

Kenza est blessée à la tête, au ventre et au bras. Sa cousine voilée reçoit, elle, six coups de couteau dont un qui perfore le poumon, elle est toujours à l'hôpital. Pour Kenza, le caractère raciste de cette agression ne fait aucun doute : "C’est clairement pour moi un acte raciste, c’est important de le souligner parce que ce n'était pas un simple fait-divers ou une simple agression. Cela visait mon origine ou ma religion."

Cette version est contestée par l'avocat de l'une des mises en cause. "On est dans la surenchère, voire dans la survictimisation, estime maître Bernard Solitude. Cela ne démontre pas que cette agression dont parlent les victimes a été faite pour la seule et unique raison qu'elles soient de religion musulmane."

Le parquet de Paris a, lui, retenu le caractère raciste de l'agression. Kenza et son avocat demandent maintenant que les faits soient requalifiés en tentative d'homicide.

Agression au Champ de Mars : écoutez le témoignage recueilli par Margaux Stive
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