VIDEO. Banderoles, feux d'artifice et tribunal : quand Greenpeace mène des opérations coups de poing en France

Vingt-deux militants de Greenpeace connaîtront leur sort, jeudi 28 juin à Privas (Ardèche). Ils sont jugés pour s'être introduits dans la centrale nucléaire de Cruas, le 28 novembre 2017. Un risque judiciaire que les activistes de l'organisation écologiste sont prêts à courir, eux qui multiplient les coups d'éclat depuis plus de quarante ans en France.

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Prendre des risques pour dénoncer les menaces sur l'environnement, les activistes de Greenpeace en ont fait leur marque de fabrique. Jeudi 28 juin, vingt-deux d'entre eux connaîtront le verdict du tribunal correctionnel de Privas (Ardèche) pour avoir pénétré dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. Ils sont poursuivis pour "intrusion en réunion et avec dégradation dans l'enceinte d'une installation civile abritant des matières nucléaires", et  encourent cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende. Avec cette intrusion, Greenpeace souhaitait pointer des failles dans la sécurité des piscines d'entreposage du combustible usé. Des militants avaient laissé des empreintes de mains à la peinture sur un de ces bâtiments pour démontrer leur "accessibilité".

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Ce n'est pas la première opération très médiatisée organisée par l'organisation écologiste. Depuis son arrivée en France en 1977, elle a multiplié les coups d'éclat dans l'Hexagone, notamment depuis dix ans. En décembre 2009, des militants sont ainsi intervenus en pleine séance de l'Assemblée nationale pour alerter sur le changement climatique, à quelques jours du sommet de Copenhague.

"La seule façon" de se faire entendre

En décembre 2015, des militants ont également recouvert de peinture jaune le rond-point de l'Arc de triomphe pour demander au président François Hollande de valoriser les énergies renouvelables. Deux ans plus tard, ils ont déversé plus de trois mille litres de mélasse devant le siège de Total, à la Défense, pour protester contre un projet d'exploitation pétrolière en Amazonie. Récemment, durant l'entre-deux-tours de la présidentielle 2017, des militants ont déroulé une banderole sur la tour Eiffel contre le Front national.

Les intrusions sur des sites nucléaires sont également devenues habituelles : La Hague fin 2011, le Bugey en mai 2012, le Tricastin en juillet 2013, Fessenheim en mars 2014, Cattenom en octobre 2017 et Cruas-Meysse, donc, en novembre dernier.

Certaines de ces actions ont eu des conséquences juridiques pour les membres de Greenpeace. En février dernier, lors du dernier procès de militants qui s'étaient introduits dans la centrale de Cattenom, deux d'entre eux ont été condamnés pour la première fois à de la prison ferme. Cette fois-ci, Greenpeace espère un jugement "plus clément" et "plus de compréhension sur les raisons de cette intrusion", selon Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France. Pour ce dernier, mener ce genre d'opération clandestine est "la seule façon" de se faire entendre.

Les activistes de Greenpeace manifestent devant la mairie de Thionville, le 27 février 2018, lors d\'un procès de huit militants et deux dirigeants de Greenpeace France pour une action menée à l\'intérieur de la centrale nucléaire de Cattenom en octobre 2017.
Les activistes de Greenpeace manifestent devant la mairie de Thionville, le 27 février 2018, lors d'un procès de huit militants et deux dirigeants de Greenpeace France pour une action menée à l'intérieur de la centrale nucléaire de Cattenom en octobre 2017. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)