Objectif atteint pour la manif pro-mariage pour tous, selon la presse

Les quotidiens nationaux soulignent toutefois que la question de la procréation médicalement assistée ne fait pas l'unanimité parmi les partisans de l'ouverture du mariage aux couples homosexuels.

Dans le cortège de la manifestation en faveur du projet de loi pour l\'ouverture du mariage aux couples homosexuels, dimanche 27 janvier 2013, à Paris.
Dans le cortège de la manifestation en faveur du projet de loi pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, dimanche 27 janvier 2013, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Pour la presse, les "pro" ont réussi leur pari. Lundi 28 janvier, les quotidiens nationaux reviennent tous sur le défilé des partisans de l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels, qui a rassemblé entre 125 000 personnes (selon la police) et 400 000 personnes (selon les organisateurs) la veille, à Paris.

Pour Libération (article payant)"l'objectif est atteint : les pro-mariage homo étaient au moins deux fois plus nombreux que lors de leur précédent rassemblement du 16 décembre", date à laquelle la police avait dénombré 60 000 personnes dans les rues de Paris. Même Le Figaro, dont le magazine n'avait pas caché sa sympathie pour les opposants au projet de loi, reconnaît le succès de la manifestation. "Ce n'était pas le raz-de-marée de la mobilisation des anti-mariage gay [qui a rassemblé entre 340 000 et 800 000 personnes le 13 janvier], mais il y avait tout de même du monde", reconnaît le quotidien, qui qualifie le défilé de "bruyant et multicolore".

La manifestation des "anti" comme déclic

Les différents titres de la presse quotidienne nationale dressent par ailleurs le même constat : si la mobilisation est plus forte qu'en décembre, c'est en partie en raison du succès de la Manif pour tous des opposants au projet de loi. La Croix donne ainsi la parole à Jean-Jacques Berel, ancien directeur d'école catholique, "blessé" par la manifestation du 13 janvier : "Ma fille est lesbienne et heureuse. Mon fils est gay et je l'aime. (...) C'est mon rôle de parent de me battre pour qu'ils aient les mêmes droits que les autres", indique ce père de trois enfants.

"Assimiler comme je l'ai entendu l'homosexualité à la pédophilie ou à la zoophilie, c'est faire un bond de deux siècles en arrière", indique dans Le Parisien (article payant) Julien, venu défiler avec son compagnon et leur fils de 3 ans. "S'élever contre les droits d'autrui, c'est révoltant", ajoute Floriant, étudiant en prépa HEC cité par Libération.

La question de la PMA divise encore

Le quotidien de gauche relève toutefois que si l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes était revendiquée par une large partie du cortège, les politiques présents étaient moins unanimes. La Croix donne ainsi la parole à Marie-Hélène, dont la fille homosexuelle de 34 ans a récemment accouché. "Cette naissance a été possible parce qu'elle est allée en Espagne (…). Si je manifeste, c'est pour que cette possibilité de devenir mère ne soir plus réservée uniquement aux femmes qui ont les moyens d'aller à l'étranger."

Cette question est sensible, et l'ancien candidat à la présidentielle du NPA, Philippe Poutou le sait bien. Cité dans Libération, il préfère savourer l'unité du moment : "Ça sera la seule fois que la gauche est unie, il faut en profiter. Car ça va coincer sur la PMA."