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La gauche recule à petits pas sur la PMA

La ministre déléguée chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, s'est prononcée mardi pour un report du débat sur la procréation médicalement assistée, en raison d'un "climat" tendu.

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La ministre déléguée chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 17 avril 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Alors que le mariage pour tous a été adopté et que le premier mariage d'un couple homosexuel doit être célébré le 29 mai à Montpellier, le gouvernement semble reculer sur la procréation médicalement assistée (PMA). La ministre déléguée chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, s'est prononcée mardi 28 mai pour un "apaisement", après les mois de tumulte liés au débat sur la loi concernant le mariage des couples de même sexe.

Mais ce n'est pas la seule personnalité à gauche à être réticente sur cette question alors que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a promis, en février, qu'il y aurait, "avant la fin de l'année", une seule loi famille comprenant l'ouverture de la PMA aux homosexuels.

1La ministre de la famille évoque un contexte tendu

La dernière Manif pour tous, mouvement qui réunit les opposants au mariage pour tous, a rassemblé dimanche près de 150 000 personnes à Paris, selon la police (un million selon les manifestants). Des heurts ont éclaté après la manifestation et se sont soldés par 293 interpellations et 231 gardes à vue, selon les chiffres de la préfecture de police.

Dominique Bertinotti a alors estimé imposible d'avoir un débat sur la PMA dans ce contexte tendu. "Il ne peut pas y avoir à nouveau de débat sur les questions d'éthique dans ce climat", a-t-elle dit sur RTL :

 

2Ségolène Royal souhaite temporiser

Comme Dominique Bertinotti, la présidente de la région Poitou-Charentes, candidate socialiste à la présidentielle 2007, plaide pour un report. "Ne rouvrons pas un débat de société fracassant alors qu'il y a d'autres priorités", a-t-elle déclaré dimanche 19 mai lors du "12/13 Dimanche", sur France 3.

"Commençons déjà par pratiquer ce qui vient d'être voté et ensuite ne rouvrons pas une nouvelle polémique", a-t-elle déclaré. Et d'ajouter : "On verra au fur et à mesure du temps ce qu'il sera possible de faire." 

3Pas une priorité pour des élus socialistes

"Aussi importante soit-elle, je ne pense pas que cette question doive être considérée comme une priorité politique dans les prochains mois, a déclaré le sénateur Gaëtan Gorce, rapporte France infoSi c'est pour le faire au prix d'un débat qui divise les Français, qui rameute des groupes violents à l'occasion des manifestations, je pense qu'il faut éviter de créer ce nouveau front."

"Il faut que l'on puisse poser sereinement cette question, affirme de son côté le député socialiste Bernard Roman, partisan de la PMA. Selon lui, des détails restent à peaufiner. Bref, "il y a des conditions à remplir, il y a sans doute des problèmes d'âge à évoquer, il y a sans doute un certain nombre de précautions à prendre pour ne pas tomber dans les abus. Il faut déconnecter cette question de la gestation pour autrui, qui n'est absolument pas le même problème."

Reste que la PMA "a été, depuis le début, traitée avec ambiguïté par le gouvernement, divisé sur le sujet", note Le Monde. L'attente de l'avis du Comité consultatif national d'éthique, demandé par Jean-Marc Ayrault, est d'ailleurs interprété par de nombreux commentateurs comme une façon d'enterrer la question. "A l'Elysée, il se dit que le chef de l'Etat est très réservé sur la PMA", écrit France info. De son côté, notre blog Livret de famille évoquait déjà, en décembre 2012, "la stratégie de l'anguille" de François Hollande sur ce sujet.

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