Adoption d'enfants "atypiques" par des homosexuels en Seine-Maritime : une association porte plainte et le Défenseur des droits se saisit de l'affaire

Alexandre Urwicz, président de l’Association des familles homoparentales a annoncé, mardi sur franceinfo, avoir porté plainte après les propos tenus par la responsable du service adoption de Seine-Maritime. Jacques Toubon, le Défenseur des droits, a indiqué sur Twitter se saisir de l'affaire.

Palais de justice de Rouen, le 29 mars 2012.
Palais de justice de Rouen, le 29 mars 2012. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

"On a porté plainte aujourd'hui, on a envoyé tous les éléments au procureur de Rouen", a annoncé mardi 19 juin sur franceinfo Alexandre Urwicz, président de l’Association des familles homoparentales (l'ADFH) après les propos tenus par la responsable du service adoption de Seine-Maritime.

Par ailleurs, le Défenseur des droits s'est saisi de l'affaire afin d'enquêter sur les pratiques du service de l’adoption du département, a fait savoir Jacques Toubon sur Twitter, mardi après-midi. "Les enfants sont égaux. Et toutes les familles aussi", a-t-il ajouté.

Dans le département de Seine-Maritime, les discriminations persistent à l'encontre des homosexuels en matière d'adoption. Ces couples "ne sont pas prioritaires" et doivent s’ouvrir à "des profils d’enfants atypiques", explique Pascale Lemare, la responsable du service adoption, au micro de France Bleu Normandie (Seine-Maritime-Eure). Pour elle, ils sont "eux-mêmes un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique [donc il faut que] leur projet supporte des profils d'enfants atypiques, un enfant dont personne ne veut".

Ces propos "sont discriminants", insiste Alexandre Urwicz. "Ce qu'elle dit, c'est que les enfants dont personne ne veut, comme les enfants trop cassés, handicapés, pourraient faire l'objet d'une adoption par les couples homosexuels, mais ils ne seraient pas prioritaires. Tout ça c'est de l'homophobie, cela relègue l'idée qu'on serait des sous-citoyens, qu'on devrait passer après tout le monde."