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Heures supplémentaires payées aux policiers : "On ne laisse pas la possibilité de choisir", regrette le syndicat Alternative Police CFDT

Le ministre de l'Intérieur a annoncé, mardi soir, le paiement aux policiers de 3,5 millions d'heures supplémentaires d'ici à la fin de l'année. Un effort qui ne correspond pas aux attentes des forces de l'ordre, répond mercredi le syndicat Alternative Police CFDT.

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Radio France
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 Des milliers de policiers défilent, à Paris, en hommage aux 50 suicides de policiers en France. (NATHANAEL CHARBONNIER / FRANCE-INFO)

Christophe Castaner a annoncé, mardi 29 octobre, le paiement aux policiers de près de 3,5 millions d'heures supplémentaires d'ici à la fin 2019, pour un montant avoisinant les 50 millions d'euros. "C'est imposé, on ne laisse pas la possibilité aux policiers de choisir entre pouvoir récupérer leurs heures ou se les faire indemniser", regrette mercredi sur franceinfo Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative Police CFDT.

Franceinfo : Êtes-vous soulagé par cette annonce ?

Denis Jacob : Non seulement on n'est pas soulagés, mais mes collègues sont particulièrement en colère de la mise en œuvre du paiement de ces heures supplémentaires. Sur le fond, on ne remet pas en cause la volonté du ministère de l'Intérieur de payer les heures supplémentaires, parce qu'on en a plus de 25 millions en stock, le problème c'est la façon dont c'est fait. C'est imposé, on ne laisse pas la possibilité aux policiers de choisir entre pouvoir récupérer leurs heures ou de se les faire indemniser. En outre, si vous n'avez pas un minimum de 160 heures supplémentaires, vous ne pourrez pas vous les faire payer. Ceux qui en ont plus se verront imposer le paiement, alors que potentiellement ils souhaitent garder leurs heures en récupération. Le taux de paiement est inacceptable : 12,47 euros brut, c'est à dire 11,88 euros net. C'est de l'argent, et vos auditeurs vont se dire que les policiers se plaignent alors qu'on leur donne de l'argent. Sauf que dans la fonction publique, ce taux est calculé sur la rémunération annuelle brute, et le taux d'indemnisation de l'heure supplémentaire varie en fonction de votre grade et de votre indice. Ce n'est pas le cas aujourd'hui : on a pris un taux bas, équivalent à un salaire de gardien de la paix en début de carrière. La fonction publique dit aussi que dès la quinzième heure supplémentaire, il doit y avoir une majoration de paiement, ce qui n'est pas le cas dans le dispositif présenté aujourd'hui.

Avez-vous une idée de ce que vont toucher les policiers ?

Cela peut aller jusqu'à 5 000 euros, puisqu'il y a un plafond fixé à 400 heures supplémentaires. C'est très bien pour les collègues, mais ce n'est pas à la hauteur du taux auquel doivent être payées ces heures supplémentaires. On faisait une proposition, depuis plus de quatre ans, qui permettait d'anticiper l'avenir, de régler ce stock sur le long-terme, c'était la création d'un compte épargne-retraite. Cela aurait permis de générer des trimestres par le biais de ces heures supplémentaires, et de solder le stock. On aurait eu une visibilité de long terme qui aurait pu permettre d'anticiper budgétairement ces trimestres.

Le gouvernement dit justement qu'un arrêté publié le 12 septembre permet, au travers de nouveaux outils, d'éviter la reconstitution d'un stock d'heures supplémentaires. Quels sont ces outils ?

On est en train d'expérimenter des cycles horaires, qui vont donner certes une plus grande régularité de repos aux policiers, ce qui est une avancée sociale, mais qui sont élaborés d'une manière qui ne permet plus de générer d'heures supplémentaires. C'est un biais détourné au détriment des policiers.

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