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Colère des policiers : Pour le syndicat Unité SGP Police, "il faut des avancées concrètes pour que le mouvement se calme"

Treize jours après l'agression de quatre policiers à Viry-Châtillon, les manifestations nocturnes s'enchaînent et les syndicats demandent des mesures concrètes pour que le mouvement de protestation se calme. 

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Radio France
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Une cinquième manifestation nocturne était organisée vendredi 21 octobre. (NICOLAS KOVARIK / MAXPPP)

Après une cinquième nuit de mobilisation des policiers français, Nicolas Comte, le secrétaire général adjoint et porte-parole du syndicat Unité SGP Police a réagi samedi 22 octobre sur franceinfo face à ce mouvement : "il va falloir que ça se transforme en une discussion pour obtenir des améliorations."

franceinfo : Les policiers ne peuvent plus faire leur travail aujourd'hui ?

Nicolas Comte : Oui, les policiers manquent de moyens pour accomplir la mission qui leur a été confiée (...) La corde est très tendue, et risque de casser. Et particulièrement depuis les attentats terroristes, car beaucoup de moyens ont été concentrés sur l'anti-terrorisme et sur la protection (...) au détriment bien souvent des commissariats de police, de la police du quotidien. Cela devient extrêmement compliqué. On pourrait parler aussi de la procédure pénale qui s'est énormément complexifiée ces dernières années, et qui bloque tout dans les commissariats.

Les syndicats sont-ils aujourd'hui débordés par la base ?

C'est un mouvement qui est parti spontanément et qui se fait sans nous [les syndicats, NDLR]. Mais je mettrais un bémol : les syndicats de police sont très représentés (...) Nos délégués sont dans ces mouvements, en tant que policiers de terrain. Si on nous avait un peu plus écoutés, depuis des mois (...) on aurait pas cette explosion de colère spontanée, parce que les choses auraient pu s'améliorer.

Le mouvement peut-il vous échapper ?

Il y a un mouvement qui est un mouvement spontané. A un moment, il va falloir que ça se transforme en une discussion pour obtenir des améliorations (...). Il faudra bien que les pouvoirs publics prennent conscience qu'il faut des avancées concrètes pour que le mouvement se calme, et il faudra bien qu'on discute avec les organisations syndicales qui ont cette légitimité d'avoir été élues. Même si nos collègues nous en veulent assez souvent, on discute en permanence ensemble et on est parfaitement au courant des revendications.

D'après vous, le rendez-vous prévu la semaine prochaine avec François Hollande peut-il apaiser la colère ?

Ce n'est pas le rendez-vous qui peut apaiser la colère, c'est ce qui en sortira. C'est ce qui sera annoncé, ce sont les mesures qui seront prises. Il faut des réformes en profondeur dans la police nationale, notamment des réformes de management. Si on a des avancées importantes, oui je le pense [que le mouvement se calmera, NDLR], mais si jamais c'est uniquement un effet d'annonce, pour montrer que le Président s'en préoccupe, ce ne sera pas suffisant.

"Il faut des avancées concrètes pour que le mouvement se calme" (Nicolas Comte, syndicat Unité SGP Police)
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