PMA pour toutes les femmes : "On est en train de remettre en cause la filiation naturelle", estime Mgr Aupetit

Invité de franceinfo mardi 1er octobre, Mgr Michel Aupetit a réagit au projet de loi bioéthique examinée à l'Assemblée nationale. Pour l'archevêque de Paris, "L'enfant n'est pas là pour combler les frustrations des adultes".

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C'est "une loi qui impacte toute la société et quelque part on est en train de remettre en cause la filiation naturelle", a réagi mardi 1er octobre sur franceinfo, Mgr Michel Aupetit, alors que le projet de loi bioéthique est examinée à l'Assemblée nationale jusqu'au 9 octobre. Vendredi dernier, les députés ont voté l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules, mesure phare du projet de loi.

"On n'a pas un enfant pour soi"

"Est-ce que vraiment le principe de précaution qui s'applique à peu près à tout ne s'applique pas dans ce cas-là. Est-ce que l'intérêt supérieur de l'enfant qui est le fondement même des droits de l'enfant, puisque c'est ce qu'a signé la France en 1989, est-ce que l'intérêt supérieur de l'enfant ne doit pas être premier", s'est interrogé l'archevêque de Paris. "Pourquoi on a un enfant. On n'a pas un enfant pour soi. L'enfant n'est pas là pour combler les frustrations des adultes", a-t-il poursuivi.

Dire que le père ne sert à rien, je pense que c'est un peu léger. Je suis sûr que la figure du père n'est pas facultative.

Mgr Michel Aupetit

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À propos du père, il continue "Il y a quand même quelque chose d'une référence. Aujourd'hui la plupart des psychiatres disent quand même qu'il y a besoin d'une référence masculine qui n'est pas seulement celle de l'oncle".

Manifester contre le projet de loi : "C'est la conscience personnelle de chacun"

Le président de la Conférence des évêques de France Eric de Moulins-Beaufort a estimé le 16 septembre dernier que les citoyens, catholiques ou non, "inquiets" avaient "le devoir" de manifester le 6 octobre, journée de mobilisation contre ce texte. Une vingtaine d'associations dont La Manif pour Tous ont appelé à défiler contre le projet de loi qui prévoit notamment l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules.

Monseigneur Aupetit a expliqué qu'il aurait pu se rendre à cette manifestation s'il n'avait pas d'autres engagements. "La question c'est la conscience personnelle de chacun. Nous avons tous une conscience et si la conscience nous pousse à faire quelque chose il faut le faire. Est-ce que ma conscience me dit qu'il y a quelque chose de grave derrière ou pas. Et quelle est la manière justement de pouvoir répondre à cette conscience. Ça peut être en effet d'aller écrire à son député ou à son sénateur etc. Ça peut être aussi de manifester. Mais chacun doit résoudre cela en conscience. Mais c'est vrai que ne pas réagir si l'on pense qu'il y a quelque chose de grave c'est quand même un peu de la lâcheté", a précisé, Michel Aupetit.

"Manifester c'est un acte citoyen donc ça a toujours existé puisque le droit de manifester c'est comme le droit de grève c'est un droit citoyen donc c'est normal que les gens puissent utiliser un droit citoyen. Il n'y a rien d'extraordinaire", a-t-il déclaré.

Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris, invité du \"8.30 franceinfo\", mardi 1er octobre 2019. 
Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris, invité du "8.30 franceinfo", mardi 1er octobre 2019.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)