: Reportage À Paris, plusieurs milliers de personnes manifestent pour rendre visible "la souffrance issue de la transphobie"
Place de la République, les manifestants scandent avec force : "C'est mon corps, c’est mon choix !". L’objet de toutes leurs inquiétudes est un rapport rendu public fin mars par des sénateurs LR sur les mineurs transgenres. Ce texte préconise d’empêcher l’accès aux bloqueurs de puberté, aux traitements hormonaux ou aux chirurgies de réassignation avant l’âge de 18 ans.
Dans la foule, un homme, Emmanuel, tient une pancarte où il est écrit "Père aimant, pas défaillant". Son fils, âgé de 17 ans, est en transition. À ses côtés, la maman, Marina, ajoute avoir "eu la chance que notre enfant nous en parle très tôt". Elle raconte le parcours de transition, qu’elle décrit comme long, réfléchi et encadré.
"Depuis l’âge de 11 ans, il est suivi toutes les semaines par une psychologue, et ensuite, il y a eu une entente collégiale et médicale pour commencer l’hormonothérapie à 16 ans et demi", raconte la mère de famille. "On ne donne pas des bloqueurs de puberté ou un traitement hormonal comme un bonbon à nos enfants, et penser que c’est ce que nous faisons, c’est très clairement une injure à nous, parents"
"Mon fils avance dans sa transition, je le vois s’épanouir."
Marinaà franceinfo
Dépression, harcèlement, le fils de Marina a vécu des années douloureuses, mais aujourd’hui elle l’assure, il recommence à se sociabiliser, "il vit". Elle en est persuadée, "la souffrance est issue de la transphobie, elle n’est pas issue de la transidentité". Marina adresse enfin ce message aux sénateurs Les Républicains : "Merci de vous inquiéter pour nos enfants mais je ne veux pas d’une proposition de loi qui ressemble plus à une idéologie qu’à une loi."
La proposition de loi LR issue du rapport sur la "transidentification des mineurs", selon son appellation officielle, doit être examinée le 28 mai en séance publique.
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