"On nous a dit qu'il était souhaitable de le changer d’établissement" : la transidentité, encore difficilement acceptée par l'école

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Des collégiens assis sur leurs chaises dans un établissement scolaire. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

À l'occasion de la journée de lutte contre l'homophobie et la transphobie, franceinfo a recueilli le témoignage de jeunes personnes transgenres et de leurs famille, à l'heure où l'école est régulièrement critiquée pour sa gestion défaillante de la transidentité.

Géraldine est la maman d'un collégien de troisième né dans un corps de fille. "Au collège l'annonce de sa transition a été assez catastrophique, se souvient-elle. Quand on a compris qu'il était transgenre et qu'on a décidé de l'annoncer, la première chose qu'on nous a dit, c'est qu'il était peut être souhaitable qu'on le change d'établissement." Géraldine n'est pas la seule à avoir été confrontée à la prise en charge défaillante par l'école de la transidentité, alors que la journée de lutte contre l'homophobie et la transphobie lundi 17 mai donne l'occasion à franceinfo de mettre en lumière ces obstacles que rencontrent les jeunes personnes trans et leurs familles.

>> Sept questions très simples sur la transidentité

"La médecin scolaire l'a reçu en disant qu'elle ne connaissait absolument rien de la transidentité, que le fait de le genrer au masculin n'était pas faisable, soupire Géraldine. Comme les adultes ne se sont pas positionnés, c'était la porte ouverte à tout pour les élèves."

"Il a été harcelé physiquement et moralement, il s'est fait bousculer, on lui a mis la tête dans la cuvette des toilettes, on l'a insulté. Tous les jours."

Géraldine

à franceinfo

Géraldine a fini par déscolariser son fils l'an dernier. Léo, lui, est au lycée. Il a bien du mal à faire accepter son nouveau prénom masculin. Et c'est avec les adultes que c'est le plus compliqué. "J'ai eu des réactions assez négatives de professeurs, explique-t-il. Cela m'arrivait d'aller à la fin de certains cours et de dire : ’Excusez-moi, mais vous ne m'avez pas appelé correctement...’ Et à chaque fois, on me répondait : ’C'est normal qu'on se trompe, vous avez un visage trop féminin...’"

"J'ai eu affaire à des professeurs qui faisaient exprès de m'appeler par mon prénom de naissance pour me provoquer ou m'appeler mademoiselle, par exemple."

Léo

à franceinfo

L'utilisation du prénom d'usage, du nouveau prénom, à l'oral, sur les listes d'appel, est souvent la première demande de ces élèves. Mais aujourd'hui, les réponses diffèrent : c'est oui dans un lycée, non dans un autre. Il y a donc urgence à appliquer ces droits partout, selon Anaïs Perrin-Prevelle, de l'association Outrans.

"Le risque de suicide est permanent"

"On parle de la vie de nos enfants aujourd'hui, souligne-t-elle. Chaque personne qui est dans un établissement scolaire et qui n'est pas reconnue dans son identité de genre peut être en danger. Le risque de suicide est permanent. Les risques de détresse, de foirer ses études, de harcèlement, sont permanents. Si on se dit que ce n'est pas grave, pas urgent, qu'on peut prendre du temps pour le faire, cela veut dire que l'on accepte qu'il y ait des personnes qui soient perdues."

Les associations réclament donc une meilleure formation des proviseurs, des professeurs, encore embryonnaire aujourd'hui, mais aussi des directives claires et uniformes pour tous les établissements. Sur le prénom d'usage, mais pas seulement. Le ministère de l'Éducation nationale assure qu'un guide précis sur le sujet est en préparation.

La transidentité encore difficilement acceptée en milieu scolaire - Le reportage d'Alexis Morel.
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