La passagère refusée dans un bus à cause de sa jupe maintient sa version et veut que "la vérité soit dite"

"J'ai subi un préjudice et en plus on m'accuse de mentir", a réagi auprès de l'AFP Elise Bencheikh.

Un bus électrique de la RATP, place de l\'Etoile, le 30 mai 2016.
Un bus électrique de la RATP, place de l'Etoile, le 30 mai 2016. (ERIC PIERMONT / AFP)

"Je veux que la vérité soit dite". Visée par une plainte pour "dénonciation calomnieuse", la jeune femme qui accuse un chauffeur de la RATP de l'avoir refusée dans son bus parce qu'elle portait une jupe a assuré à l'AFP, lundi 13 mai, maintenir sa version des faits, même si elle n'a pas l'intention de porter plainte.

Le 30 avril, vers 23 heures, Elise Bencheikh et une amie attendent le bus dans le XIXe arrondissement de Paris. "On fumait une cigarette et on a vu le bus arriver au loin. Mon amie lui a fait signe pour qu'il s'arrête, on a jeté nos cigarettes. Le bus a ralenti, et s'est arrêté pratiquement devant nous", raconte la jeune femme de 29 ans dans le cabinet de son avocat, Me Richard Malka.

"Tu jetteras ta clope et tu n'as qu'à te rhabiller"

"Les portes ne se sont pas ouvertes, et le bus est reparti. Il y avait un feu rouge quelques mètres plus loin, donc on a décidé de rattraper le bus. On a toqué à sa porte, et [le chauffeur] me dit 'tu jetteras ta clope et tu n'as qu'à te rhabiller'", raconte-t-elle. "J'étais habillée en jupe, en collant et avec un manteau, et mon amie avait une veste en cuir assez courte avec une jupe", précise-t-elle.

L'avocat du chauffeur, Me Samim Bolaky, avait expliqué la semaine dernière à l'AFP que son "client n'a aucune pratique religieuse affectant son activité professionnelle", qu'il avait marqué l'arrêt mais que les deux jeunes femmes "continuaient à fumer devant les portes de son bus", qu'il n'avait donc pas ouvertes. Me Bolaky a déposé une plainte pour "discrimination sur le fondement de l'appartenance, vrai ou supposée, à une religion déterminée" ainsi que pour "dénonciation calomnieuse" et pour "faux et usage de faux".

"J'ai subi un préjudice et en plus on m'accuse de mentir", a réagi Elise Bencheikh. "Mais avec le recul, je me dis que ça peut permettre une enquête, et que ça pourra faciliter la vérité". Une enquête interne a aussi été ouverte par la RATP.