La RATP ouvre une enquête interne après qu'un chauffeur de bus a été accusé de refuser l'accès à une femme en jupe

Entendu par la RATP, le chauffeur reconnait qu'il n'a pas ouvert la porte à deux passantes, mais réfute notamment les propos qui lui sont attribués.

Un bus de la RATP roule dans Paris, le 17 janvier 2010.
Un bus de la RATP roule dans Paris, le 17 janvier 2010. (LOIC VENANCE / AFP)

La RATP a ouvert une enquête interne après qu'un chauffeur de bus a été accusé d'avoir refusé l'accès à une passagère à cause de la longueur de sa jupe, ont annoncé samedi 4 mai la ministre des Transports, Elisabeth Borne, et la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Entendu samedi soir, le chauffeur a reconnu avoir "refusé d’ouvrir les portes à deux jeunes filles", mais conteste le témoignage, notamment les propos qui lui ont été attribués, explique la RATP à franceinfo.

L'entreprise n'a pas donné davantage de détails sur les déclarations du chauffeur, et ses explications sur son refus d'ouvrir à ces deux jeunes femmes. Les faits qu'il a reconnus constituent une "faute de service", explique la RATP. Une procédure disciplinaire, pouvant aller jusqu'à sa révocation, a été ouverte. Selon nos informations, il a été relevé de ses fonctions jusqu'à la fin de l'enquête.

La régie de transports a lancé, samedi, un appel sur Twitter pour retrouver d'éventuels témoins de cette scène. Personne ne s'est pour l'instant manifesté, explique la RATP à franceinfo. Elle a aussi tenté de contacter "sur Facebook" le père de la jeune femme, seule personne à avoir témoigné de cet incident, sans succès.

"Tu n'as qu'à bien t'habiller", aurait dit le chauffeur

Le père de la victime, Kamel Bencheikh, un poète et physicien algérien, avait dénoncé les faits vendredi, dans Le Parisien. Il affirme que sa fille Elise "attendait le bus de la ligne 60 avec une amie, à l’arrêt Botzaris, aux Buttes-Chaumont", dans le 19e arrondissement de Paris, mardi à 23 heures. "Lorsque le véhicule est arrivé, elles n’étaient que toutes les deux. Le chauffeur les a jaugées, n’a pas ouvert les portières et a redémarré".

Selon son récit, le véhicule s'est arrêté à un feu rouge quelques mètres plus loin. "Ma fille a couru jusque la vitre du conducteur pour demander au chauffeur pourquoi il n’ouvrait pas les portes. Le machiniste lui a répondu : 'Tu n’as qu’à bien t’habiller' en regardant ses jambes", affirme Kamel Bencheikh, qui précise que sa fille "portait une jupe".

Avant de s'exprimer dans la presse, l'intellectuel avait dénoncé les faits dans deux messages sur internet, dont un posté sur Facebook, dont il dit qu'il a été supprimé par le réseau social. "On me reproche d’inciter à la haine", déplore-t-il dans Le Parisien, qui explique que ce message commençait par "je revendique mon islamophobie". L'auteur affirme avoir reçu des centaines de messages d'insulte sur Facebook. Auprès du quotidien, il décrit le chauffeur comme "maghrébin" et "islamiste".

Kamel Bencheikh affirmait aussi au Parisien, vendredi, que lui et sa fille comptaient déposer une plainte samedi. La RATP explique à franceinfo, dimanche, qu'elle n'a pas été notifiée du fait que cette plainte ait été effectivement déposée ou non.