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Des unités dites dédiées ouvrent dans quatre prisons françaises

Des "unités dédiées" pour détenus radicalisés ou en voie de radicalisation violente ouvrent ce lundi en France. Un dispositif annoncé par le Premier ministre Manuel Valls après les attentats de Paris en janvier 2015.
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Radio France
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 (La prison de Lille-Annoeulin, l'une des quatre concernées par ce dispositif. © SIPA/Sarah ALCALAY)

Manuel Valls les avait annoncées il y a presque un an jour pour jour dans le cadre de son plan de lutte contre le terrorisme : les premières "unités dédiées" pour détenus radicalisés ou en voie de radicalisation violente ouvrent lundi. Il y en aura cinq au total, réparties dans quatre prisons françaises : d'abord à Fresnes (Val-de-Marne), Osny (Val-d'Oise) et Lille-Annoeulin (Nord), et dans quelques semaines, à Fleury-Mérogis (Essonne). Ces complexes unités sont destinées d'abord à héberger des détenus liés à des affaires de terrorisme islamiste.

Un tel regroupement n'est pas totalement inédit. Le directeur de la prison de Fresnes l'expérimente depuis 2014 mais il n'y avait pas encore de programme spécifique de lutte contre la radicalisation. A Osny ou à Fleury, il y a aussi eu des expériences de groupes de paroles avec des détenus de retour de Syrie, mais des détenus uniquement volontaires.

Les détenus les plus dangereux isolés

Alors que dans les unités dédiées qui voient le jour lundi, le programme sera désormais obligatoire. Il y aura une vingtaine de détenus par unité, leur degré de dangerosité sera évalué pendant deux à six semaines. Les plus dangereux seront isolés de tous, les autres seront incarcérés en cellules individuelles et suivront des cours avec des enseignants de l'Education nationale, certains spécialisés en géopolitique. Il y aura aussi des éducateurs et des psychologues pour travailler aux côtés de la centaine de surveillants pénitentiaires, spécialement formés ces trois dernières semaines.  il n'y avait pas encore de programme spécifique de lutte contre la radicalisation, juste un regroupement de détenus radicalisés et prosélytes, pour juste un regroupement de détenus radicalisés et prosélytes, pour protéger le reste de la détention, qui se plaignait de leur influence. A Osny, ou à Fleury, il y a aussi eu des expériences de groupes de paroles avec des détenus de retour de Syrie, détenus qui ont suivi un programme expérimental pendant huit semaines mais ces quelques dizaines de détenus étaient tous volontaires. Dans les unités dédiées qui voient le jour ce lundi, le programme sera désormais obligatoire.

Il y aura une vingtaine de détenus par unité. Ils seront d’abord évalués, pendant deux à huit semaines. Les 235 détenus incarcérés pour des faits de terrorisme devraient tous passer par cette première étape de l’évaluation, lors de laquelle des psychologues, des surveillants pénitentiaires ou des éducateurs tenteront de mesurer leur degré de prosélytisme et le risque d’un passage à l’acte violent. Ces évaluations auront lieu à Fresnes, dans un premier temps. En fonction des résultats, les détenus évalués seront envoyés, soit dans une prison classique, pour les plus faiblement radicalisés. Les plus radicalisés iront à Lille-Annoeulin, les autres à Osny, puis à partir de mars, ils pourront aussi être envoyés à Fleury-Mérogis.

Dans les cinq unités dédiées (trois seulement ont ouvert ce lundi matin), les détenus seront incarcérés en cellules individuelles et suivront des cours avec des enseignants de l'Education nationale, certains spécialisés en géopolitique. Il y aura surtout un binôme de psychologues et d’éducateurs – pour la première fois, des éducateurs spécialisés entrent en détention dans des quartiers d’hommes. Ces psychologues et éducateurs travailleront aux côtés de la centaine surveillants pénitentiaires, spécialement formés pour ces unités dédiées ces trois dernières semaines.

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