Des députés saisissent la justice après des propos négationnistes tenus par Yvan Benedetti, figure de l'ultradroite française

Lors d'une audition sous serment, fin avril, Yvan Benedetti "a tenu des propos niant la réalité du génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale".

Yvan Benedetti, figure de l\'ultradroite, au palais de justice de Lyon (Rhône) le 4 juin 2018.
Yvan Benedetti, figure de l'ultradroite, au palais de justice de Lyon (Rhône) le 4 juin 2018. (JEFF PACHOUD / AFP)

Il a dit ce qu'il pensait de la Shoah pendant une commission d'enquête parlementaire. La figure de l'ultradroite Yvan Benedetti a fait l'objet d'un signalement auprès du procureur après avoir tenu des propos considérés comme négationnistes pendant une audition à l'Assemblée nationale. "Lors de son audition sous serment, le 25 avril dernier, M. Benedetti, porte-parole du Parti nationaliste français, a tenu des propos niant la réalité du génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale", ont expliqué la présidente et le rapporteur de la Commission d'enquête relative à la lutte contre les groupuscules d'extrême droite en France, Muriel Ressiguier et Adrien Morenas, vendredi 10 mai. 

"Nous avons pris la décision d'informer le procureur de la République, en vertu de l'article 40 du Code de procédure pénale, des propos tenus, qui sont susceptibles de faire l'objet de poursuites judiciaires", poursuivent les deux députés dans leur communiqué.

L'article en question dispose que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République".

La représentation nationale se doit d'être inflexible notamment face aux discours négationnistes, qui ne peuvent en aucun cas être considérés comme une opinion protégée par la liberté d'expression.les deux élus en charge de la commission d'enquêtedans un communiqué

Yvan Benedetti avait pris la tête de L'Œuvre française, un mouvement pétainiste fondé en 1968 et aujourd'hui dissous, après avoir été exclu du Front national dont il était conseiller municipal à Vénissieux (Rhône) pour s'être qualifié lui-même "d'antisioniste, antisémite et antijuif". Aujourd'hui porte-parole du Parti nationaliste français, l'homme de 54 ans a gagné ces derniers mois une notoriété certaine en s'affichant parmi les "gilets jaunes".