Ce que l'on sait de l'enquête préliminaire visant Nicolas Bedos, accusé de viol et agressions sexuelles

Le réalisateur et comédien est visé par une enquête préliminaire recouvrant trois plaintes distinctes. Trois femmes ont livré leur témoignage à Médiapart après s'être signalées à la justice.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Nicolas Bedos, le 28 mai 2022 au Festival de Cannes (Alpes-Maritimes). (GETTY IMAGES EUROPE)

Trois nouvelles femmes parlent. Nicolas Bedos est visé par une enquête préliminaire depuis le 5 juillet, après réception par la justice de trois plaintes distinctes, a appris franceinfo mardi 18 juillet auprès du parquet de Paris, confirmant une information de Mediapart. Le comédien et réalisateur de 44 ans est déjà convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris en février 2024 pour agression sexuelle en état d'ivresse.

Trois nouvelles plaintes déposées

Selon Mediapart, cette enquête recouvre trois procédures distinctes, l'une pour viol et agression sexuelle, les deux autres pour agression sexuelle. Deux des femmes ayant adressé un signalement fin juin au parquet de Paris ont témoigné, de façon anonyme, auprès du site d'investigation.

L'une d'elles, une comédienne et scénariste âgée aujourd'hui de 50 ans, accuse le fils de l'humoriste Guy Bedos de l'avoir violée au domicile de la famille à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), une nuit de 1999. A l'époque, âgée de 26 ans, la jeune serveuse avait accepté de suivre le comédien chez des amis, puis chez les parents de Nicolas Bedos. Elle affirme qu'elle s'apprêtait à partir quand il l'a "attrapée à la gorge, plaquée contre le mur" en lui disant : "Tu te prends pour qui, t'es pas Catherine Deneuve !". Elle témoigne d'un rapport sexuel non consenti et douloureux.

Une deuxième femme, amie de la première, raconte à Mediapart une agression sexuelle commise par le cinéaste en août 2017 dans une maison de vacances. Nicolas Bedos, qu'elle décrit comme "un ami de longue date", a selon elle "essayé de [l']embrasser de force". Elle affirme l'avoir repoussé, mais il serait "devenu agressif", "[l']empêchant de sortir" de la pièce "en [la] tenant fermement par les épaules et en continuant à essayer de [l']embrasser".

On ignore enfin quels sont les faits dénoncés dans la troisième plainte déposée contre le réalisateur.

Une première plainte comme élément déclencheur

C'est la révélation de la garde à vue du comédien et de l'annonce de son procès qui ont décidé les deux premières femmes à témoigner auprès de la justice, selon Mediapart. Nicolas Bedos a été placé en garde à vue le 21 juin, après la plainte d'une femme l'accusant d'avoir touché ses parties intimes par-dessus son pantalon, dans un club parisien dans la nuit du 1er au 2 juin.

Devant les enquêteurs, le cinéaste a déclaré ne pas vouloir "remettre en doute la parole de la plaignante qui décrit un geste déplacé de quelques secondes par-dessus son jean", a expliqué son avocate à franceinfo. "Un tel geste, dont [Nicolas Bedos] n'a pas le souvenir, qui se serait produit sur la piste de dance d'une boîte de nuit, n'a pu être qu'accidentel sous l'effet de l'ébriété", a ajouté Julia Minkowski. 

Cet adjectif, "accidentel", employé par la défense de l'acteur, a fait réagir les quatre femmes qui témoignent auprès de Mediapart. Outre les deux femmes ayant adressé un signalement à la justice, deux autres font part au média d'investigation d'un comportement "problématique" ou "scandaleux". Leslie Masson, une ancienne mannequin, affirme que Nicolas Bedos a notamment essayé de lui toucher l'entrejambe dans une boîte de nuit avant de lui "cracher au visage". Une autre femme rapporte qu'il lui a "léché le pied" dans une discothèque, contre son gré.

Une convocation au tribunal en 2024

A l'issue de son audition fin juin, Nicolas Bedos a été convoqué pour être jugé au début de l'année 2024 pour "agression sexuelle en état d'ivresse manifeste". Ce délit est passible de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. 

Quant à l'enquête préliminaire ouverte le 5 juillet après les trois nouvelles plaintes, elle devra notamment déterminer si les faits dénoncés ne sont pas prescrits et s'il n'existe pas d'autres victimes. Contactés par Mediapart, ni Nicolas Bedos ni son avocate n'ont souhaité réagir à ces trois nouvelles plaintes.

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