LGBTphobies : les agressions physiques en "inquiétante hausse" l'année dernière, selon le rapport annuel de SOS Homophobie

Dans son rapport annuel, l'association SOS Homophobie dénonce une forte augmentation des agressions, injures ou menaces LGBTphobes, en France, en 2022.
Article rédigé par franceinfo
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Le logo de l'association "Sos Homophobie". (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

Les agressions physiques homophobes sont en "inquiétante hausse", selon le rapport annuel de SOS homophobie, publié mardi 16 mai. En 2022, l'association en a recensé 184 cas, soit une agression physique tous les deux jours, en hausse de 28% par rapport à 2021.

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Les victimes sont principalement des hommes, dans des lieux publics (38% des cas). Ils relatent avoir fait l'objet dans la grande majorité de coups et blessures, mais aussi de crachats ou encore de jets d'objets. Dans la moitié des cas, ces agressions sont le fait d’hommes (seuls ou en groupe).  "Une dizaine de témoignages évoquaient des tentatives de viol ou des viols", souligne Véronique Godet, co-présidente de SOS Homophobie. Elle donne l'exemple d'un garçon portant le nom d'Ulysse "qui dit à son père qu'il est gay, qui reçoit une gifle" ou "un couple ouvertement homosexuel qui reçoit un coup de couteau à la mâchoire et au cou."

Les cas de transphobies en forte hausse

Le nombre de cas de transphobies a augmenté de 27 % en 2022 par rapport à 2021. Selon SOS homophobie, "cela marque les répercussions de la banalisation du rejet des personnes trans et non binaires dans les médias et sur les réseaux sociaux". En août 2022, la diffusion d'une affiche du Planning familial représentant un homme enceint avait par exemple suscité de nombreuses réactions négatives.

Plus globalement, SOS homophobie note une augmentation de 5% des situations LGBTphobes en France, le plus souvent sur internet, puis dans des commerces et enfin dans les lieux publics. Dans plus de la moitié (52%) des cas, il s'agit de violences visant les hommes gays. En 2022, l'épidémie de variole du singe a notamment fait ressortir "la stigmatisation des hommes gays et bi par certains médias et personnels de santé", explique le rapport.

Véronique Godet dénonce aussi le comportement de certaines agences immobilières dans lesquelles "il y a encore une forme de résistance à louer des appartements à des couples de gays ou de lesbiennes". Selon elle, "il y a une hostilité qui est ancrée dans notre société. La prévention, la sensibilisation et la formation" doivent être "des axes prioritaires" à l'école, dans la police et la justice notamment.


Ce rapport de SOS homophobie est publié chaque année depuis 1997. Les données du rapport 2023 proviennent des 1 504 témoignages reçus par l'association du 1er janvier au 31 décembre 2022.

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