Journée contre l'homophobie : les plaintes pour injures, menaces ou agressions contre des personnes LGBT+ ont doublé en cinq ans

En 2021, 2 170 crimes et délits contre les personnes lesbiennes, gays, bis et transgenres ont été enregistrés par la police et la gendarmerie, auxquels il faut ajouter 1 620 contraventions, à plus de 90% pour injure ou diffamation.

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Une personne participe à la Marche des Fiertés, à Paris, le 20 juin 2021. (FIORA GARENZI / HANS LUCAS / AFP)

Les plaintes pour injures, menaces ou agressions envers les personnes LGBT+ ont doublé en cinq ans, selon des données publiées par le ministère de l'Intérieur lundi 16 mai, à la veille de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie.

En 2021, 2 170 crimes et délits contre les personnes lesbiennes, gays, bis et transgenres ont été enregistrés par la police et la gendarmerie, auxquels il faut ajouter 1 620 contraventions, à plus de 90% pour injure ou diffamation. C'est 12% de plus qu'en 2019 et 28% de plus qu'en 2020, selon les statistiques.

Dans son rapport annuel, l'association évoque des "crachats", une intensification des coups et blessures et même des viols, ainsi qu'une "recrudescence alarmante des cas en milieu scolaire (...), dans les commerces ou au sein de la police et de la justice". Fait notable cette année, plus de 15% des situations signalées concernent des personnes transgenres, ce qui, selon SOS Homophobie, démontre la nécessité de former davantage les professionnels concernés.

"La partie émergée de l'iceberg"

Ces chiffres ne constituent que "la partie émergée de l'iceberg", relève en outre Flora Bolter, de l'observatoire LGBT+ de la Fondation Jean Jaurès. Selon l'enquête "Cadre de vie et sécurité", seules 20% des victimes portent plainte en cas d'agression ou de menaces, et 5% en cas d'injure : les personnes concernées "culpabilisent", ont peur d'être mal reçues par les forces de l'ordre ou sont confrontées à une minimisation des faits qu'elles dénoncent, analyse Lucile Jomat, la présidente de l'association SOS Homophobie.

Les lesbiennes, gays, bi, trans ou intergenres sont "de plus en plus visibles, ce qui contribue à une banalisation", mais le "revers de la visibilité" est un risque accru d'agression qui laisse les victimes souvent "traumatisées et désemparées", ajoute cette responsable.

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