Vincent Lambert : l'équipe médicale ne se prononce pas sur l'arrêt des soins et demande un représentant légal

Une décision sur l'arrêt des soins était attendue, mercredi, mais l'équipe médicale a finalement décidé de s'en remettre à la justice.

Vincent Lambert, photographié par ses parents sur son lit d\'hôpital, à Reims (Marne), le 15 avril 2015.
Vincent Lambert, photographié par ses parents sur son lit d'hôpital, à Reims (Marne), le 15 avril 2015. (AFP)

Les médecins de Vincent Lambert ont refusé de se prononcer, jeudi 23 juillet, sur l'arrêt des soins de ce patient tétraplégique en état végétatif. Ils ont aussi annoncé vouloir saisir le procureur de la République pour que soit désigné un représentant légal du patient, après avoir eu vent de projets d'enlèvement, selon des membres de la famille.

Ses proches, en conflit ouvert sur la question, se sont retrouvés à 14 heures à l'hôpital de Reims (Marne), où est soigné l'ancien infirmier psychiatrique de 38 ans, qui souffre de lésions cérébrales irréversibles depuis un accident de la route en 2008. Une décision sur l'arrêt des soins était attendue, mais l'équipe médicale a finalement décidé de s'en remettre à la justice.

Que dit précisément le CHU ? 

L'hôpital ne s'est pas prononcé sur le fond de l'affaire, mais sur les conditions d'une éventuelle décision d'arrêt les soins. "La médecin en charge de Vincent Lambert a décidé de suspendre la procédure collégiale", a indiqué le CHU dans un communiqué. Il a estimé que "les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure, tant pour Vincent Lambert que pour l'équipe soignante, ne sont pas réunies"

Le CHU a rappelé que la justice, notamment le Conseil d'Etat, avait récemment autorisé l'arrêt des soins apportés au patient. "L'évaluation de Vincent Lambert a conduit à constater que la situation clinique était comparable à celle qui avait été rapportée par les experts mandatés par le Conseil d'Etat." 

Sans se prononcer sur le fond de l'affaire, la ministre de la Santé Marisol Touraine a, quant à elle, apporté "tout son soutien à l'équipe soignante de Vincent Lambert", dans une déclaration écrite. "L'équipe soignante n'a pas pris cette décision parce qu'elle refuse d'arrêter le traitement de Vincent Lambert (...). Mais parce qu'elle considère que les conditions de sécurité et de sérénité nécessaires pour mettre en œuvre ce type de décision ne sont pas réunies", a-t-elle assuré.

Quels sont les "risques d'enlèvements" évoqués par une partie de sa famille ?

"Elle nous a parlé d’un projet d’enlèvement de Vincent, assure Pierre Lambert, le père de Vincent. Mais quand nous l’avons interrogée, le docteur Simon n’a pas voulu en dire plus…" François Lambert, neveu de Vincent Lambert, qui souhaite l'arrêt des soins, se montre plus direct et accuse les parents du patient d'avoir projeté un enlèvement de leur fils, selon 20 Minutes"Le docteur Simon a clairement évoqué des risques d’enlèvement et de menaces physiques. Elles émanent d’un lobby que l’on connaît très bien. On vit dans un territoire occupé par l’intégrisme catholique", a-t-il affirmé. 

Opposée à l'arrêt des soins, Viviane Lambert, la mère du patient, n'a pas commenté ces accusations et a reconnu, sur le perron de l'hôpital, qu'ils étaient "soulagés." Elle souhaite désormais que son enfant soit transféré en unité de soins palliatifs. "La meilleure façon de le protéger serait encore de le transférer dans un centre de soins adaptés, comme nous le réclamons depuis des semaines", explique-t-elle à 20 Minutes.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Le procureur de la République de Reims pourrait à présent désigner un représentant légal du patient. "Personne n'est officiellement chargé de représenter les droits et les intérêts du patient", rappelle Le Figaro.fr. En l'absence de directives anticipées établies par le patient avant l'accident, "la parole de son épouse Rachel, en faveur de l'arrêt des soins, avait été privilégiée dans tous les processus médicaux et judiciaires", précise le journal.

A la sortie de l'hôpital, Rachel Lambert a fait part de son "incompréhension totale" sur cette décision. "Je pensais que Vincent allait enfin être respecté, ce n'est pas le cas et je ne sais même pas si je peux encore avoir l'espoir qu'il soit un jour entendu."