Pourquoi le Conseil d'Etat autorise l'arrêt du traitement qui maintient en vie Vincent Lambert

Francetv info revient sur les raisons qui ont motivé la décision de la plus haute juridiction administrative française concernant ce tétraplégique de 38 ans en état de conscience minimale depuis plusieurs années.

Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013.
Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013. (MAXPPP)

Le Conseil d'Etat a tranché en faveur des médecins et de l'épouse de Vincent Lambert. Il a autorisé, mardi 24 juin, l'arrêt du traitement qui maintient en vie l'ancien infirmier de 38 ans, tétraplégique en état de conscience minimale, dont le cas divise la famille et a relancé en France le débat sur l'euthanasie. Le rapporteur public du Conseil d'Etat s'était déjà prononcé vendredi pour l'arrêt des soins.

Francetv info revient sur ce qui a motivé la décision du Conseil d'Etat, qui a souligné que "l'état médical le plus grave, y compris la perte irréversible de toute conscience, ne peut jamais suffire à justifier un arrêt de traitement". 

La "volonté" du patient

La plus haute juridiction administrative française estime que l'arrêt des traitements "correspond à la volonté" de Vincent Lambert. "Il résulte de l'instruction qu'il avait, avant son accident, clairement et à plusieurs reprises, exprimée le souhait de ne pas être artificiellement maintenu en vie", a expliqué Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'Etat.

Vincent Lambert n'a en effet pas pu exprimer sa volonté avec ses propres mots depuis l'accident de 2008 qui l'a rendu tétraplégique et l'a plongé dans un état végétatif. Mais son épouse, dans un entretien au Monde, décrivait une "violence inouïe au regard du long cheminement psychologique autour de sa fin de vie (...) et des souhaits qu'il avait exprimés antérieurement". "Je savais que c'était une vie dont il n'aurait pas voulu. Nous sommes tous les deux infirmiers, nous en avions parlé", confiait-elle.

Une "obstination déraisonnable"

Le Conseil d'Etat a estimé que la décision d'arrêt des soins prise par l'équipe médicale du CHU de Reims, en accord avec l'épouse de Vincent Lambert, s'inscrivait dans le cadre de la loi Leonetti de 2005 qui proscrit l'acharnement thérapeutique. Le Conseil estime que Vincent Lambert est maintenu "artificiellement" en vie, ce qui relève d'une "obstination déraisonnable".

"Cette décision n'est pas une validation d'un acte euthanasique, mais le refus de l'acharnement thérapeutique, estime le député UMP Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie. Cette décision, qui concerne le cas particulier de Vincent Lambert, ne peut être généralisée à l'ensemble des sujets en situation pathologique similaire, chaque situation devant être appréciée au cas par cas.".