Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Pourquoi cet instituteur accusé à tort a-t-il mis fin à ses jours ?

En mars 2019, un instituteur décrit par tous comme irréprochable a mis fin à ses jours après une plainte pour violences sur un élève déposée par sa mère. "Envoyé spécial" revient sur un suicide qui a provoqué une grande émotion.

ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2

Jean Willot, 57 ans, était instituteur à l'école primaire d'Eaubonne (Val-d'Oise). Le 15 mars 2019, il a mis fin à ses jours. Vingt-quatre heures après le dépôt d'une plainte pour violences sur un élève, déposée par la mère de ce dernier. Dans une enquête sur les enseignants détruits par de fausses accusations, "Envoyé spécial" revient sur cette affaire qui a suscité une très forte émotion.

Quand il apprend l'existence de la plainte, l'instituteur est dévasté. Incapable d'assurer ses cours, il rentre chez lui. Une collègue lui rend visite. Elle témoigne anonymement dans cet extrait. Jean Willot lui a confié que "quand il est parti de l'école, il n'avait plus qu'une envie, c'était de mourir". Mais le connaissant comme "quelqu'un de solide" et apprenant qu'il a déjà entamé des démarches pour sa défense, elle ne s'inquiète pas outre mesure. D'autant qu'elle estime sa culpabilité totalement "improbable".

Des démarches consignées minute par minute

De son côté, Jean Willot se raccroche à ces démarches qu'il consigne méticuleusement, minute par minute. A 8 heures, la directrice de l'école lui signifie la plainte, lit-on sur une feuille écrite de sa main. A 9 heures, il appelle son syndicat. A 13h30, il téléphone à l'Inspection locale d'Eaubonne. Il obtient un rendez-vous pour le lendemain à 14 heures. Entre-temps, il contacte le commissariat et attend sa convocation.

Après le drame, ce document manuscrit résonne comme un appel à l'aide. Pendant ces heures, l'angoisse et le sentiment de solitude ont pu monter. Le rectorat de Versailles estime qu'il était impossible d'intervenir plus tôt, mais pour certains de ses proches, il aurait fallu le prendre en charge le matin même.

Extrait de "Profs accusés à tort", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 23 mai 2019.

Cet instituteur accusé à tort qui a mis fin à ses jours aurait-il pu être mieux accompagné par l\'Education nationale ?
Cet instituteur accusé à tort qui a mis fin à ses jours aurait-il pu être mieux accompagné par l'Education nationale ? (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)