Grève à l'Education nationale : "Ces suppressions de postes rendent nos missions moins soutenables"

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du SGEN-CFDT, estime que la mobilisation montre bien qu'il y a une préocupation chez ses collègues. 

Des enseignants ont manifesté à Paris le 12 novembre. 
Des enseignants ont manifesté à Paris le 12 novembre.  (STRINGER/AFP)

Les enseignants étaient en grève lundi 12 novembre à l’appel de tous leurs syndicats. une première depuis 2011. Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du SGEN-CFDT, dénonce, sur franceinfo, des "suppressions de postes rendant les missions de l'Education nationale moins soutenables".

franceinfo : Est-ce que vous êtes satisfaite de la mobilisation ?

Catherine Nave-Bekhti : Les chiffres que j'ai pu voir, aujourd'hui, montrent qu'il y a un peu plus de mobilisation dans le second degré que dans le premier degré. Ce sont des chiffres qui sont importants pour nous parce que c'est toujours difficile de mobiliser les collègues au moment du débat budgétaire à l'Assemblée, puisque ce n'est pas encore le moment où les collègues voient l'impact des suppressions de postes dans leurs établissements. Par ailleurs, dans le premier degré, on a réussi à mobiliser des collègues alors qu'il y a des créations de postes. Ce qui montre bien les réelles préoccupations des collègues de l'Éducation nationale. Cette journée nous a permis de mettre en évidence qu'il y a des suppression de postes chez les enseignants mais aussi chez le personnel administratif et ça va poser des difficultés dans les prochaines années pour le fonctionnement de l'Education nationale.

On pourrait aussi parler du pouvoir d'achat des enseignants, c'est un sujet qui mobilise également ?

C'est un sujet majeur. On voit année après année qu'un certain nombre de concours de recrutement ne font pas le plein, que ce soit chez les enseignants ou chez les médecins scolaires par exemple, et ça c'est un problème majeur. On sait aussi que faire du zigzag ou de l'accordéon sur les créations de postes a une incidence sur les étudiants et les étudiantes dans l'orientation vers les carrières de l'Education nationale. Donc ça va générer des problèmes à l'avenir pour recruter.

Il faut s'attendre à de nouvelles grèves ?

Nous allons voir avec les autres organisations syndicales comment agir. Ce qui est certain c'est qu'il faudra que le gouvernement s'engage dès maintenant dans le débat budgétaire. On verra bien ce que les députés et les sénateurs, sénatrices, feront en matière de proposition d'amendement sur le budget de l'Éducation nationale. Ces suppressions de postes rendent les missions de l'Éducation nationale moins soutenables, moins faciles à assumer pour l'ensemble du personnel. Nous verrons bien ce que décide d'une part les organisations syndicales et d'autre part les signes que donnera le gouvernement pour les années à venir.