Elèves handicapés : le gouvernement annonce plus de 10 000 accompagnants supplémentaires à la rentrée

Il s'agira d'emplois "robustes" et non d'emplois aidés, promet Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l\'Education nationale, lors de son arrivée à l\'Elysée pour un dîner de travail, le 27 juin 2018 à Paris.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, lors de son arrivée à l'Elysée pour un dîner de travail, le 27 juin 2018 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les élèves en situation de handicap bénéficieront à la rentrée de septembre de 10 900 accompagnants supplémentaires, annonce le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, mercredi 18 juillet. Ce dernier assure qu'il s'agira d'emplois "robustes", et non d'emplois aidés. Dans le détail, on comptera à la rentrée environ 42 900 postes d'accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), soit une hausse d'environ un tiers.

"Davantage d'heures consacrées aux enfants"

Selon Jean-Michel Blanquer, cette augmentation fera plus que compenser la baisse du nombre d'emplois aidés dans ce secteur – qui passeront de 50 000 à environ 30 000. En prenant en compte le fait que les AESH travaillent 35 heures par semaine et les emplois aidés seulement 20 heures, ce sont au total "3 000 équivalents temps plein supplémentaires" qui pourront accompagner au quotidien les élèves handicapés dans leur scolarité, calcule l'entourage du ministre.

"Nous augmentons le nombre d'heures consacrées aux enfants. Les AESH font plus d'heures, ils sont plus formés, ils sont recrutés avec plus d'anticipation, a précisé le ministre de l'Education. Un des phénomènes auxquels nous voulons mettre fin, ce sont les accompagnants qui abandonnent [leur mission] en cours d'année, ce qui crée de la détresse pour l'élève et sa famille."

L'Association pour adultes et jeunes handicapés reste prudente

Interrogée sur le risque que certaines familles restent malgré tout sans solution à la rentrée, Sophie Cluzel, la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées,  a reconnu que "bien sûr, nous aurons toujours des petits problèmes d'ajustement, c'est une grosse machine". Jean-Michel Blanquer estime qu'on "ne peut atteindre la situation parfaite du jour au lendemain". Les deux ministres défendent leurs efforts pour mieux former les enseignants et pour améliorer la coopération entre l'école, d'une part, et les acteurs du monde médico-social, d'autre part.

Le président de l'Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh), Jean-Louis Garcia, a fait part de ses "doutes" face à cette annonce gouvernementale. "Entre le dire et le faire, il y a malheureusement très souvent un écart considérable. Nous sommes habitués aux rideaux de fumée." Selon le gouvernement, le nombre d'élèves handicapés scolarisés a plus que triplé en une décennie, passant de 100 000 en 2006 à 320 000 en 2017.