Ce que contient la réforme sur les zones d'éducation prioritaire

Le gouvernement veut inciter les enseignants à rester plus longtemps dans les zones défavorisées, afin d'éviter une trop grande rotation des effectifs.

Le collège Jean-Jaurès de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), classé en zone d\'éducation prioritaire (ZEP), le 23 janvier 2007.
Le collège Jean-Jaurès de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), classé en zone d'éducation prioritaire (ZEP), le 23 janvier 2007. (POUZET / SIPA)

Heures libérées et primes augmentées pour attirer et garder les enseignants dans les établissements les plus difficiles, accompagnement pour les élèves de sixième… Le gouvernement veut inciter le personnel scolaire travaillant dans les quartiers défavorisés à prendre racine. "Ce serait 300 à 400 millions qui seraient réaffectés prioritairement dans ces zones", a annoncé, jeudi 16 janvier, le ministre de l'Education, Vincent Peillon.

Francetv info détaille les principales mesures de la relance de l'éducation prioritaire. 

Un dispositif fondé sur de nouveaux critères sociaux

La relance de l'éducation prioritaire débutera à la rentrée 2014 dans une centaine de réseaux (écoles et collèges) et sera étendue à la rentrée 2015 à 350 réseaux baptisés REP+, auxquels seront octroyés davantage de moyens. Au-delà de ce noyau dur, l'éducation prioritaire rassemblera un millier de réseaux.

Les moyens seront alloués en fonction d'un "indice social unique" qui prendra en compte la part d'élèves issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées, la part d'élèves boursiers, celle d'élèves résidant en zones urbaines sensibles et celle d'élèves arrivés en sixième avec au moins un an de retard.

Des décharges horaires et des indemnités doublées

Les enseignants des 350 REP+ auront des décharges horaires pour le travail en équipe, le suivi des élèves et les relations avec les parents. Cela se traduira par 1h30 de cours en moins à assurer pour les professeurs certifiés au collège et neuf jours libérés par an pour les professeurs des écoles. Leurs remplacements devant les classes seront assurés.

Les primes spécifiques de l'éducation prioritaire seront doublées dans les réseaux les plus difficiles et augmenteront de 50% dans le reste de l'éducation prioritaire. Une indemnité supplémentaire est créée pour "les enseignants qui assument des fonctions d'intérêt collectif".

Une formation et un accompagnement renforcés

Les enseignants de ces 350 réseaux bénéficieront "d'un temps pour se former, travailler en équipe et développer les relations avec l'élève et sa famille". Il sera de trois jours par an. Vincent Peillon souhaite "enraciner une véritable culture du collectif" en associant "à un renforcement de l’accompagnement des nouveaux personnels et des équipes un grand plan de formation continue", a indiqué le ministre de l'Education.

Des élèves mieux encadrés

Dans tous les collèges de l'éducation prioritaire, les élèves de sixième "bénéficieront d'aides aux devoirs, d'un soutien méthodologique ou d'un tutorat" pendant les trous de leur emploi du temps "en étant accueillis dans l'établissement" jusqu'à 16h30.

Ces heures seront "effectuées par petits groupes d'élèves et devront répondre à des objectifs pédagogiques et éducatifs précis" et seront prises en charge par des enseignants ou des assistants d'éducation. Ce dispositif est prévu d'abord dans les établissements les plus difficiles puis dans l'ensemble des collèges de l'éducation prioritaire.