Blocage de lycées et d'universités : le tour de France des établissements touchés région par région

Pour la cinquième journée d'affilée, les lycéens manifestent dans plusieurs villes de France. 

Plusieurs centaines d\'élèves d\'une dizaine de lycées de Lille ont manifesté entre la place de la république et le rectorat de Lille le jeudi 6 décembre.
Plusieurs centaines d'élèves d'une dizaine de lycées de Lille ont manifesté entre la place de la république et le rectorat de Lille le jeudi 6 décembre. (FRANCOIS CORTADE / FRANCE-BLEU NORD)

400 établissements perturbés dans toute la France, 84 bloqués vendredi 7 décembre à 15h30, a appris franceinfo auprès du ministère de l'Éducation nationale. Un bilan provisoire qui devrait continuer à monter, a indiqué cette même source, qui fait état d'une "plus forte tension" dans les cortèges lycéens et autour des établissements que jeudi, où 300 lycées avaient été concernés par les perturbations.

Auvergne-Rhône-Alpes

Un jeune a été blessé au cuir chevelu, vraisemblablement par une pierre jetée par un de ses copains, en marge d'une manifestation de lycéens à Valence (Drôme), rapporte France Bleu Drôme Ardèche. Il avait la tête en sang, ce qui a impressionné les témoins de la scène mais la blessure est superficielle. Un autre jeune s'est brûlé la main en tentant de ramasser une grenade lacrymogène. 

Des lycéens ont incendié plusieurs poubelles. Certains ont caillassé un bus et tenté d'incendier une caméra de vidéosurveillance. Les CRS ont utilisé à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes. Plusieurs témoins cités par France Bleu parlent d'un jeune blessé à la tête. On ne connaît pas encore ni les circonstances ni la gravité de ses blessures. L'IUT de Valence, situé à proximité, a fermé ses portes par précaution.

À Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), plusieurs lycées ont été perturbés et 600 jeunes ont rejoint la manifestation qui a été émaillée de quelques incidents. La police a interpellé neuf personnes -sept mineurs et deux majeurs - en marge des ces rassemblements, indique France Bleu Pays d'Auvergne.

À Saint-Étienne (Loire), pour le deuxième jour de mobilisation, douze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue en marge de la manifestation des lycéens ce vendredi matin qui a donné lieu à des débordements, rapporte France Bleu Saint-Étienne Loire. Cinq d'entre eux - des mineurs - vont être poursuivis pour violences avec armes après avoir jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre. Les sept autres ont été libérés.

Par ailleurs des dizaines de lycéens avaient repris les blocages ce vendredi matin, rapporte France Bleu Saint-Etienne Loire. Des dizaines de lycéens se sont rassemblés devant les lycées Etienne Mimard, Claude Fauriel et Benoît Charvet pour bloquer avant de se diriger vers le centre-ville. La sécurité publique et les pompiers étaient mobilisés. Les manifestants sont a priori moins nombreux que jeudi, quand les manifestations ont dégénéré.

À Chambéry (Savoie), une centaine de lycéens se sont rassemblés devant le lycée Monge et des projectiles ont été lancés en direction des policiers. Trois jeunes ont été interpellés et placés en garde à vue. 

Bretagne

Trois bouteilles d'acide et d'aluminium ont été projetées vers les forces de l'ordre devant la préfecture de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) vendredi matin, au moment de l'arrivée d'environ 200 lycéens, a indiqué la police à France Bleu Armorique. Il n'y a pas eu de blessés.

Des débordements ont également eu lieu au lycée Freyssinet où un surveillant a été frappé par un groupe de casseurs qui a réussi à s'introduire dans l'établissement. La situation est depuis revenue à la normale.

Grand-Est

En Alsace, de nouvelles échauffourées ont éclaté vendredi matin à Mulhouse (Haut-Rhin), rapporte France Bleu Alsace. Plusieurs centaines de lycéens, environ 500 jeunes sont partis du lycée Albert-Schweitzer, ont rejoint le centre-ville, les CRS ont dû faire usage de gaz lacrymogènes. Les lycéens étaient 200 à affronter les forces de l'ordre, près du centre commercial Porte-Jeune, qui n'a pas ouvert ses portes. Rejoints par des jeunes du lycée Charles-Stoessel, ils ont fait usage de fumigènes et de fusées éclairantes, avant de se disperser dans les rues voisines.

On a également appris qu'un policier a été grièvement blessé, après avoir été renversé par une mini-moto, il a pu sortir de l'hôpital en début d'après-midi. Le conducteur, lui, a été immédiatement interpellé. À 14h30, 20 personnes avaient été interpellées, a indiqué le préfet de département à France Bleu Alsace. Il a également précisé que dix personnes ont été blessées dont deux policiers.

À Reims (Marne), une dizaine de lycéens ont été interpellés en marge des rassemblements, selon France Bleu Champagne-Ardenne

Hauts-de-France

A Roubaix (Nord), plusieurs centaines de lycéens venus de plusieurs établissements s'affrontent avec des policiers. La situation est tendue et un véhicule a été incendié, a constaté un journaliste de Radio France sur place. La circulation du tramway qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing a été interrompu sur le boulevard du Général de Gaulle.

Île-de-France 

À Paris, les étudiants de l'université de Tolbiac ont prévu de manifester ce vendredi à partir de 10h30 avec des lycéens, afin de préparer la mobilisation de samedi, où ils appellent à rejoindre le mouvement des "gilets jaunes". Par ailleurs plus d'un millier de lycéens franciliens ont marché entre la place de Stalingrad et la place de la République ce vendredi, rapporte France Bleu Paris. Des enseignants et des élus ont tenu à participer pour protéger les élèves d'une éventuelle répression policière. Tous les établissements scolaires parisiens (écoles, collèges et lycées) qui devaient être ouverts seront fermés ce samedi pour des raisons de sécurité dans l'académie de Paris.

Normandie

A Rouen (Seine-Maritime), la circulation du tramway a également été interrompue, rive gauche, après que des manifestants ont mis des barrières et des barricades en travers des voies. La police a été caillassée et a répliqué avec des jets de grenade lacrymogène.

Nouvelle-Aquitaine

À Anglet (Pyrénées-Atlantiques), des lycéens bloquent le lycée professionnel Cantau, rapporte France Bleu Pays Basque. Les pompiers interviennent pour un feu de poubelle. A Bayonne, le lycée René Cassin est encore bloqué ce vendredi matin par environ 200 manifestants.

Occitanie

À Toulouse (Haute-Garonne), les lycéens ont été rejoints par les étudiants et la manifestation a compté environ 400 personnes, rapporte France Bleu Occitanie. La situation s'est tendue avec les forces de l'ordre en milieu d'après-midi et plusieurs lignes de transports, dont la ligne A du métro, ont été coupées.

À Montpellier (Hérault), quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour avoir lancé des bouteilles d'acide chlorhydrique sur les policiers, indique France Bleu Hérault. Il n'y a pas de blessé. En plus des quatre jeunes en garde à vue, six autres manifestants sont entendus pour des dégradations commises ce vendredi à Montpellier : vitres de tram brisées, jets de projectiles sur la police, dégradation et incendie de containers, indique France Bleu Hérault.

Provence-Alpes-Côte d'Azur

À Carpentras, (Vaucluse), des bouteilles d'acide ont été jetées sur les forces de l'ordre à proximité du lycée Jean-Henri Fabre. À Avignon, le portail d'entrée du lycée Maria Casarès a été incendié, indique France Bleu Vaucluse.

Et ailleurs ?

Des manifestations ont aussi eu lieu, le plus souvent dans le calme, à Montbéliard, Laval, Château-Gontier, Saint-Brieuc, Nantes, Lyon, Rennes, Montluçon, Vichy, Montpellier, Tours, Tourcoing, Limoges, Hénin-Beaumont.