Très peu d'expertes, encore moins d'invitées politiques... Le CSA alerte sur le manque de femmes dans l'audiovisuel

Le gendarme de l'audiovisuel a publié son enquête annuelle sur la présence des femmes à la télévision et à la radio. Franceinfo vous résume ces inégalités en trois points. 

Anne-Sophie Lapix, le 14 septembre 2017, sur le plateau du \"20 heures\" de France 2. 
Anne-Sophie Lapix, le 14 septembre 2017, sur le plateau du "20 heures" de France 2.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Au début de l'année, elles ont dénoncé la "confiscation des postes d'encadrement par les hommes" au sein de leurs rédactions. Insufflé par les femmes journalistes du Parisien, le mouvement de grogne a gagné les rédactions de L'Obs, La Provence puis Ouest-France.

Mais la presse écrite et numérique n'est pas la seule à être touchée par de profondes inégalités. Depuis plusieurs années, le CSA se penche sur la place des femmes sur les plateaux de télévision et au sein des antennes de radio. Le gendarme de l'audiovisuel a publié son enquête annuelle sur la question, mardi 6 mars. En voici les principaux points.

Les femmes sont plus nombreuses à l'antenne, mais restent minoritaires

D'après les données collectées par le gendarme de l'audiovisuel, 40% des personnes présentes à l'antenne – télé et radio confondues – en 2017 étaient des femmes. Ce qui représente deux points de plus qu'en 2016. Le calcul du CSA concerne toutes les chaînes de la TNT et les principales radios nationales. Il prend évidemment en compte les présentateurs et les journalistes, mais aussi les "experts", les invités politiques ainsi que les autres intervenants. 

Les présentatrices sont même majoritaires (52%), si l'on se concentre sur les 13 chaînes de télévision généralistes (les cinq chaînes métropolitaines de France Télévisions, TF1, Canal+, M6, C8, TMC, NT1, NRJ 12 et Paris Première). "Ces bons résultats s’expliquent notamment par un fort taux de présentatrices sur les chaînes de télévision généralistes publiques (63%)", précise le CSA. En revanche, les femmes sont largement minoritaires (31%) à la présentation dans les trois chaînes privées historiques (TF1, Canal+ et M6). 

Par rapport à la télévision, la radio reste une mauvaise élève. Les femmes ne représentent que 38% des personnes à l'antenne à la radio, contre 42% pour la télévision.

Les femmes sont toujours peu présentes aux heures de grande écoute

S'il y a bien une progression vers une égalité entre les hommes et les femmes à l'antenne, il ne faut pas se réjouir trop vite. Lorsque l'on s'intéresse à la présence des femmes lors des heures de forte audience, on se rend compte qu'elles restent largement sous-représentées. Ainsi, à la télévision, seulement 29% des personnes à l'antenne entre 18 et 20 heures sont des femmes. 

Lorsque l'on se concentre sur la tranche entre 21 et 23 heures, la proportion de femmes a même baissé par rapport à 2016. Elles représentent aujourd'hui 29% des visages, contre 33% l'année dernière. 

A ces heures de grande écoute, seule la radio a considérablement évolué. Les femmes représentent, en 2017, 44% des personnes à l'antenne pendant les matinales. C'est une progression de neuf points par rapport à 2016. 

Les expertes ou les invitées politiques restent rares

Les chaînes de télévision et les stations de radio ont travaillé leur image. Mais un problème demeure : très peu d'expertes sont invitées pour intervenir sur les plateaux ou pour s'exprimer aux micros. Elles ne représentent que 35% des personnes invitées en cette qualité.

C'est pire encore pour les femmes politiques. Parmi les invités politiques, 27% sont des femmes. Le CSA note même un recul de cinq points en la matière par rapport à l'année 2016. Ce recul est d'autant plus "préocuppant", selon le CSA, que l’Assemblée nationale a été particulièrement renouvelée et féminisée après les élections législatives de juin 2017.