La semaine de congé paternité obligatoire "contrevient à la liberté de choix des pères", estime la sénatrice LR Chantal Deseyne

La sénatrice défend le droit des pères "à ne pas prendre" le congé paternité et plaide également pour un fractionnement "en deux blocs maximum" de ce congé, pour éviter que des jours ne soient posés par-ci, par-là.

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L'hémicycle du Sénat au Palais du Luxembourg à Paris. (JEAN-FRANCOIS FERNANDEZ / RADIOFRANCE)

En France, le congé paternité doit être allongé pour passer de 14 à 28 jours, avec une semaine obligatoire. Le projet de loi a été voté en première lecture à l'Assemblée, mais des sénateurs Les Républicains ont déposé deux amendements pour supprimer cette obligation. La sénatrice LR d'Eure-et-Loir Chantal Deseyne estime sur franceinfo mercredi 11 novembre que cela "contrevient à la liberté de choix des pères" et plaide pour plus de "souplesse".

franceinfo : Les députés de droite ont voté en faveur de l'allongement du congé paternité, qu'est-ce qui vous dérange dans ce projet de loi ?

Chantal Deseyne : Je suis plutôt favorable à ce congé paternité, à son allongement. Je trouve que c'est une mesure sympathique. Ce que je souhaite apporter au travers de ces deux amendements, c'est un peu plus de souplesse et de liberté. Souplesse pour la mise en œuvre du dispositif et liberté pour les pères de prendre ou de ne pas prendre ce congé paternité. Moi, j'estime que ça contrevient à la liberté de choix des pères. On aurait pu renforcer l'accompagnement et l'aide aux familles, avec une vraie politique familiale.

Ne pensez-vous pas que cette obligation peut être un symbole pour l'égalité entre les femmes et les hommes ?

Je ne conteste pas l'importance du congé paternité et de l'investissement du père auprès des enfants, mais le rendre obligatoire, c'est pour moi contreproductif.

Si vous avez un père qui n'est pas prêt à s'investir et à prendre ce congé paternité, ce n'est pas parce que vous allez l'écrire dans la loi que l'enfant en tirera un quelconque bénéfice. 

Chantal Deseyne, sénatrice LR d'Eure-et-Loir 

à franceinfo

Et si on regarde l'investissement des pères au fur et à mesure du temps et des générations, il a été différent. Ce qui n'empêche pas que les pères se sont toujours investis, à des degrés divers, auprès de leurs enfants. Et l'investissement des pères auprès des enfants, ça ne dure pas pendant un mois. C'est l'accompagnement pendant toute la durée de sa vie.

Ne craignez-vous pas que les jeunes pères les plus précaires s'exposent à un refus ou n'osent même pas réclamer ce congé paternité auquel ils auraient droit ?

Je ne pense pas. Ce que j'ai introduit c'est de la souplesse. Et c'est particulièrement vrai pour les TPE et les PME.

L'employeur est quand même quelqu'un de proche, avec qui il est facile de négocier généralement. 

Chantal Deseyne

Si vous prenez une petite entreprise artisanale, le patron travaille avec un, deux, trois salariés. On peut à ce moment-là négocier la prise de congé paternité. Ce que je demande, c'est que ce congé soit fractionné en deux blocs maximum. Pour éviter que le salarié prenne, au fil de l'eau, un jour, puis trois jours, puis quatre jours de congé paternité. Et puis là on prend le cas basique du salarié qui a un poste dans une entreprise fixe. Mais quelqu'un qui est saisonnier ou quelqu'un qui est indépendant, est ce qu'il peut se permettre de suspendre son activité pendant un mois ?

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