Crack à Paris : les préfets de police et d'Ile-de-France justifient l'évacuation des consommateurs à la porte de la Villette

Didier Lallement et Marc Guillaume justifient en outre l'édification d'un mur bouchant un tunnel entre Paris et Pantin, afin d'empêcher les toxicomanes d'aller en Seine-Saint-Denis.

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Des consommateurs de crack sont évacués des abords des jardins Eole, sur ordre du préfet de police de Pairs, le 24 septembre 2021. (VIRGINIE SEILLER / HANS LUCAS / AFP)

Le préfet de police de Paris et le préfet de la région Ile-de-France, Didier Lallement et Marc Guillaume, ont justifié, dans un courrier envoyé samedi 25 septembre à la maire de Paris, le déplacement des consommateurs de crack dans un lieu "temporaire" en lisière de la capitale. Une cinquantaine de toxicomanes ont été évacués des abords des jardins d'Éole, vendredi, jusqu'à la place Auguste-Baron, située porte de la Villette.

"Nous aurions préféré une évacuation mieux coordonnée avec mise à l'abri de type 'prise en charge humanitaire.'" a protesté Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo. "D'ailleurs, nous demandons une réunion urgente des pouvoirs publics compétents pour faire en sorte que le déplacement de la scène ne reconstitue pas une 'colline du crack' ailleurs".

Un mur pour protéger les habitants de Pantin

Dans leur courrier, Marc Guillaume et Didier Lallement répondent que "l'Etat a assumé d'organiser (la) solution temporaire" place Auguste Baron, la présence des usagers de crack "à proximité immédiate de nombreux riverains (et) d'écoles" étant "intenable". "Nous sommes à votre disposition pour travailler le plus rapidement possible, aux propositions de lieux que vous nous adresserez ainsi qu'à l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France afin de permettre leur ouverture dans les prochaines semaines", écrivent-ils.

Les deux préfets soulignent que, parallèlement à la lutte contre les trafics de drogue, "l'accompagnement médico-social des consommateurs de crack a été très fortement amplifié" avec un "renforcement des maraudes médico-sociales et l'ouverture de 400 places d'hébergement". Ils entendent ainsi répondre aux critiques selon lesquelles l'Etat et le préfet de police ne traiteraient pas dans sa globalité le problème du crack.

Ils justifient en outre l'édification d'un mur bouchant un tunnel entre Paris et Pantin, afin d'empêcher les toxicomanes d'aller en Seine-Saint-Denis. Ce mur est "une indispensable protection des habitants de Pantin", écrivent-ils, en ajoutant que la préfecture de police de Paris "veillera à la sécurisation des habitants de Paris et de Seine-Saint-Denis".

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