Vidéo Condamnation de Sarkozy : "J'entends certains hurlements, ça pose le problème de la défiance à l'encontre de la justice", réagit Éric Dupond-Moretti

Publié Mis à jour
Article rédigé par
Radio France

Invité de France Inter, le garde des Sceaux assure vouloir "restaurer la confiance que les Français doivent avoir dans la justice".

"J'entends certains hurlements", a réagi le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti mercredi 3 mars sur France Inter, alors que les soutiens de Nicolas Sarkozy accusent le Parquet national financier d'avoir joué un rôle politique dans le procès et la condamnation de l'ex-chef de l'État à de la prison ferme. Lundi 1er mars, l'ancien chef de l'État a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des "écoutes". 

"Ça pose le problème de la défiance que l'on peut avoir à l'encontre de la justice, poursuit Éric Dupond-Moretti. Et c'est une défiance, indépendamment de cette affaire du président Sarkozy, qu'expriment les Français par voie de sondage." Se basant sur la dernière étude du Cevipof, Éric Dupond-Moretti rappelle que "moins d'un Français sur deux dit ne pas avoir confiance dans la justice, parce qu'elle est parfois trop longue, parce qu'ils ont le sentiment que les choses ne vont pas et, là-dessus, oui, j'interviens".

Ma pensée n'a pas pris naissance le jour de l'affaire Nicolas Sarkozy.

Éric Dupond-Moretti

sur France Inter

"Mon projet de loi a justement pour but, et pour seul but, de restaurer la confiance que les Français doivent avoir dans la justice, souligne le garde des Sceaux, parce qu'on parle de pacte social.

Dans ce projet de réforme de la justice, Éric Dupond-Moretti prévoit de réglementer les délais des enquêtes préliminaires à deux ans, voire trois ans sur décision d'un procureur, afin dit-il "de faire en sorte que ces enquêtes préliminaires éternelles redeviennent préliminaires et qu'elles soient limitées dans le temps". "Une enquête préliminaire, c'est une enquête qui est montée contre vous, qui est secrète et dans laquelle vous n'avez absolument pas accès au dossier, donc pas accès au contradictoire, et c'est totalement contraire aux droits de l'homme", estime Éric Dupond-Moretti. Le garde des Sceaux reconnaît, ici, le parallèle entre cette mesure et l'affaire des "écoutes" puisque Jacqueline Laffont, l'avocate de Nicolas Sarkozy, dénonce le fait de n'avoir pas eu accès, dans le cas de son client, à l'enquête préliminaire qui a duré six ans.

Mais "ma pensée n'a pas pris naissance le jour de l'affaire Nicolas Sarkozy", a tenu à souligner le ministre, précisant que cette loi "n'a aucune vocation à rétroagir" sur l'affaire Sarkozy. "L'idée, c'est que ceux qui nous écoutent sachent que s'ils sont un jour suspectés, ils doivent pouvoir se défendre et que ça ne peut pas durer pendant des années. Si vous êtes suspectés à tort, vous verrez qu'il est insupportable de se lever le matin en se disant à quelle sauce je vais être mangé et à un moment il faut que ça s'arrête", ajoute Éric Dupond-Moretti.

Le garde des Sceaux ne s'exprimera pas d'avantage concernant "l'affaire Nicolas Sarkozy" : "Je ne peux pas répondre à tout ce qui concerne une affaire en cours et je ne le ferai pas, ce n'est pas que je suis lobotomisé depuis que je suis ministre mais je ne peux pas et je m'en tiendrai à cette règle stricte", a-t-il déclaré.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.