Airbus développe un radar anti drone

Le groupe d'aéronautique a répondu présent à une demande de l'Etat qui souhaite se doter d'un dispositif de neutralisation de ses robots volants. L'hiver dernier, plusieurs dizaines de drones ont survolé illégalement des installations militaires, des monuments ou encore des bâtiments officiels, mais très peu de pilotes ont pu être appréhendés.

(Le dispositif prévoit un contrôle du robot, qui pourra être déposé à terre en toute sécurité © MaxPPP)

Des drones au-dessus de centrales nucléaires, d'installations militaires ou même de l'Elysée. Vous vous en souvenez sans doute: en quelques mois, entre septembre 2014 et mars 2015, il y a eu en France 68 survols de sites sensibles par des engins télécommandés. Des affaires pour la plupart non résolues. Alors, l'Etat veut se doter d'une arme anti drone.

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Plusieurs industriels de l'armement se sont positionnés, notamment Airbus Defence and Space, qui vient de présenter son système au salon de la Défense et de la Sécurité de Londres.

La mission c'est un, détecter, deux, identifier et trois, neutraliser. (Michel Polacco, expert aéronautique et défense de France Info)

L'analyse de la proposition anti-drone d'Airbus Defence par Michel Polacco, spécialiste aéronautique et défense de France Info
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Pas question ici de missile, de rayon laser ou de filet pour capturer l'intrus, qualifiés d'idées farfelues par Airbus Defence and Space. Non, il s'agit d'une adaptation d'une technologie militaire qui a fait ses preuves : un système capable de neutraliser la menace dans un rayon de 5 à 10 km autour du site sensible.

Maitrise du robot et appréhension du pilote

D'abord le système repère automatiquement le drone, grâce à un radar et une caméra infrarouge très précise, capable de détecter un véhicule à plus de 10 kilomètres. "A partir de là, le dispositif permet de brouiller les ondes " de liaison entre le drone et son pilote, estime Michel Polacco, expert aéronautique et défense de France Info.

A ce moment-là, l'engin chute ou, mieux encore, l'ordinateur prend le contrôle du drone et le contraint à se poser en toute sécurité. Cela évitera que l'objet tombe sur la foule s'il survole par exemple un stade de football.

Enfin, lorsque l'on sait que presque toutes les enquêtes sur les récents incidents sont au point mort. Ce système peut permettre, d'après ses concepteurs, de déterminer la position exacte du pilote pour que les policiers ou les gendarmes puissent l'arrêter.

Pour Michel Polacco, l'important, c'est la dissuasion : "Ca permettra de remonter grâce aux ondes à l'utilisateur du drone et de le sanctionner. Tout ça, c'est plutot des affaires de taquins ", qui seraient alors dissuadés de s'adonner à l'exercice.

La réponse à une inquiétude croissante

Cet appel d'offre pourra donc permettre au gouvernement d'attaquer un problème très récent. C'est l'avis de Michel Polacco : "Le phénomène du drone civil n'a que trois ou quatre ans. Ce sont les opérations menées depuis le mois de novembre de l'année dernière qui ont beaucoup ému les autorités et l'opinion publique " explique le spécialiste, avant d'ajouter que même si aujourd'hui, "cette inquiétude n'est pas avérée ",  l'Etat a tout de même voulu encourager des projets pour endiguer le phénomène.

Ce système devrait être opérationnel au second semestre de 2016. Mais l'on ne connaît pas encore son prix.