Vol de Richard Branson dans l’espace : "Ça élève le savoir-faire dans ces technologies difficiles à maîtriser", s’enthousiasme un astronaute

L’astronaute Jean-François Clervoy, président d'honneur de Novespace, réagit dimanche 11 juillet sur franceinfo après l'envol dimanche dans l'espace du milliardaire britannique Richard Branson à bord de son appareil Virgin Galactic depuis le Nouveau-Mexique, aux États-Unis.

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Richard Branson avant son envol à bord de Virgin Galactic, le 11 juillet 2021. (PATRICK T. FALLON / AFP)

"Ça élève le savoir-faire de la société dans ces technologies difficiles à maîtriser", s’enthousiasme l’astronaute Jean-François Clervoy, président d'honneur de Novespace, dimanche 11 juillet sur franceinfo, alors que le milliardaire britannique Richard Branson s’est envolé dans l’espace dans son appareil Virgin Galactic depuis le Nouveau-Mexique, aux États-Unis.

>> DIRECT. Regardez le décollage pour l'espace du vaisseau de Virgin Galactic, avec le milliardaire Richard Branson à bord

franceinfo : Quel est l'enjeu de ce vol privé ?

Jean-François Clervoy : C'est de démontrer qu'un non-professionnel peut monter en tant que passager dans un vaisseau qui part dans l'espace. Jusqu'à présent, les vaisseaux spatiaux étaient réservés aux professionnels. Il y a eu quelques exceptions dans les années 2000, lorsqu'il y avait un siège de libre dans des capsules orbitales Soyouz russes. Mais là, il s'agit pour 50 à 100 fois moins d'énergie d’être dans l'espace trois à quatre minutes, avec l'expérience totale, la même que les astronautes dans l'espace.

Mais cela a un prix. Est-ce que ce tourisme spatial a vraiment un avenir ?

Ceux qui ont investi dans ces projets ont essayé de gagner le concours X Prize, le prix X, il y a plus de 20 ans. Il s'agissait pour une société privée d'envoyer deux fois en moins de quinze jours un vaisseau à au moins 100 km avec une personne à bord. Ces entrepreneurs ont lancé des études qui ont montré qu'il y a un marché qui rentabilise les investissements au bout de six à sept ans. À l'époque, ils pensaient que ça n’allait prendre que cinq ans, ça a finalement pris dix ans de plus. Ça a donc coûté beaucoup plus cher, mais apparemment, il y a toujours un marché de personnes suffisamment riches et motivées pour, à terme, peut-être dans une dizaine d'années, finir par rembourser l'investissement.

Il y a donc un enjeu économique, cela crée des emplois et permet à la filière de se développer et d'avancer.

Oui, bien sûr. C'est quand même remarquable que des personnes comme ça, très riches, comme Jeff Bezos, Elon Musk avec ses fusées orbitales, quand ils se sont posé la question "Que faire avec mes milliards ?" aient choisi l'industrie la plus difficile à maîtriser qu'est l'astronautique, la science des fusées. C'est très risqué. Ça prend toujours plus de temps que prévu parce qu'il y a toujours de l'innovation. Et on n'a pas toutes les réponses à tous les problèmes que ça pose au départ. Mais au passage, ça élève le savoir-faire de la société dans ces technologies difficiles à maîtriser. Et donc, ça réduit le coût pour les missions gouvernementales d'exploration du système solaire, de l'univers et des vols habités spatiaux. Quelque part, indirectement, ça permet de réduire la part d’impôts du contribuable dédiés aux vols spatiaux, aux missions opérationnelles et d'exploration. Et puis, ça crée des emplois de haute valeur ajoutée, des personnes qui arrivent à résoudre des questions très difficiles.

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