Cinq choses à savoir sur l'astronaute française Sophie Adenot, qui a terminé sa première phase de formation en Allemagne

Article rédigé par Louis San
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6 min
L'astronaute française Sophie Adenot pose avec son diplôme, le 22 avril 2024, à l'issue de la première phase de formation à Cologne (Allemagne). (MARC DANA / FRANCE TELEVISIONS)
Au bout d'un an à Cologne, la spationaute a terminé le "basic training" du centre d'entraînement des astronautes européens.

Son décollage pour l'espace se rapproche un peu plus, même si pour l'instant, la date et les contours de sa future mission demeurent inconnus. L'astronaute française Sophie Adenot a terminé la première phase de sa formation au sein du centre européen des astronautes, à Cologne (Allemagne).

Elle va recevoir un diplôme, lundi 22 avril, couronnant sa réussite lors de ce basic training (formation de base), aux côtés de ses camarades de promotion : l'Espagnol Pablo Alvarez Fernandez, la Britannique Rosemary Coogan, le Belge Raphaël Liégeois et le Suisse Marco Sieber. A cette occasion, franceinfo revient sur le parcours et la personnalité de cette pilote d'hélicoptère qui a passé dix-sept ans dans l'armée.

1 Elle a eu le déclic à l'âge de 14 ans grâce à Claudie Haigneré

Fille d'un notaire et d'une pharmacienne, Sophie Adenot a grandi dans la Nièvre. Très jeune, elle s'intéresse à la mécanique grâce à son grand-père. "C'est lui qui m'a donné son amour des machines, parce qu'il était mécano dans l'armée de l'air", déclare-t-elle dans un portrait que lui a consacré le ministère des Affaires étrangères. Elle a également répété avoir été marquée par la lecture de biographies de femmes scientifiques, notamment celle de Marie Curie, dévorée aux alentours de ses 11 ans.

Mais un événement se démarque particulièrement dans la construction de son parcours : le départ en mission de la première astronaute française, Claudie Haigneré, le 17 août 1996. Quelques heures après l'officialisation de sa sélection parmi la nouvelle promotion d'astronautes européens, en novembre 2022, Sophie Adenot expliquait sur le plateau du journal de 20 heures de France 2 l'importance de cette étape.

"J'avais 14 ans quand Claudie Haigneré a fait son premier voyage dans l'espace. Pour moi, cela a été clairement un déclencheur."

Sophie Adenot, astronaute

sur France 2

Sophie Adenot mentionne constamment cette mission comme une révélation lui fixant un cap. "Je me suis dit 'OK, à partir de maintenant, je fais tout ce qu'il faut pour en arriver là'", avait-elle insisté sur BFMTV. "Mon parcours s’est construit autour de ce rêve", a-t-elle également déclaré en mars 2023 lorsqu'elle s'est rendue, aux côtés de son idole, à Toulouse, haut lieu de l'industrie aéronautique et spatiale en France.

Aussi déterminée soit-elle, Sophie Adenot est restée discrète sur son rêve pendant plusieurs années. "J'en parlais assez peu en dehors du cocon familial, auprès de mes camarades. Peut-être par peur d’être moquée", a-t-elle déclaré au Monde des ados, en avril 2023. Il lui a fallu attendre ses études supérieures pour s'autoriser à évoquer cette ambition en public.

2 Elle est passée par la même école que Thomas Pesquet

Outre son appartenance au contingent des astronautes français de l'Agence spatiale européenne, Sophie Adenot partage au moins un autre point commun avec Thomas Pesquet : leur passage par une prestigieuse école, l'Isae Supaero, l'Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace situé à Toulouse.

L'ingénieur aérospatial Olivier Toupet a fait la connaissance de Sophie Adenot sur les bancs de cet établissement, avant de suivre, comme elle, un cursus au célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston (Etats-Unis). Sans surprise, celui qui a travaillé pour la Nasa, piloté trois rovers et un hélicoptère sur Mars, confirme l'intérêt manifesté par l'astronaute française pour les sujets spatiaux durant ses études supérieures.

"Une chose dont je me souviens, c'est qu’elle a toujours été très passionnée par l'espace. Bien sûr, elle faisait partie du club de l'espace à Supaéro."

Olivier Toupet, ingénieur aérospatial, ancien camarade de Sophie Adenot

à franceinfo

Sophie Adenot, qui se voit comme une "ambassadrice" ayant à cœur d'inspirer les jeunes générations, est la marraine d'une opération intitulée "Ose l'Isae-Supaéro". Cette campagne d'"ouverture sociale" entend promouvoir l'accès aux études supérieures au plus grand nombre. "C'est important que tous ceux qui souhaitent se lancer dans l'aventure scientifique, aéronautique, spatiale, quelle que soit leur origine sociale ou géographique, puissent avoir une chance.[L'important est] au moins de savoir ce qui se passe, et comment on accède à de telles études et de tels métiers", explique-t-elle dans une vidéo de l'école. Et de citer le philosophe Sénèque dans la présentation de ce programme : "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles."

3 Elle a été pilote d'hélicoptères dans l’armée de l’air

Sophie Adenot a passé dix-sept ans dans l'armée de l'air et de l'espace, entre 2005 et 2022. Elle n'a pas fait ce choix par hasard. "Je me suis engagée dans l'armée de l'air avec le rêve de devenir spationaute", a-t-elle déclaré dans un entretien avec le ministère des Armées, après sa sélection par l'Agence spatiale européenne.

Au sein de l'armée, elle a piloté des hélicoptères et a participé à deux opérations extérieures en Afghanistan. En 2019, elle est devenue la première femme à être pilote d'essai sur hélicoptères pour le compte de la direction générale de l'armement. Si les profils des astronautes sont très variés (avec des ingénieurs aéronautiques ou encore des neuroscientifiques), Sophie Adenot estime que son expérience au sein de l'armée lui apporte un atout dans le travail en équipe et les situations extrêmes.

"Mon expérience me permet d’être opérationnelle, même dans un milieu où on va être soumis à un stress intense."

Sophie Adenot, astronaute française

dans un entretien à l'armée de l'air et de la défense

4 Elle est professeure de yoga

Cette passionnée de sport a également trouvé le temps de devenir professeure certifiée de yoga. Elle réserve toutefois ses cours à ses proches et ses amis. Du yoga pour une astronaute, une étrangeté ? Plutôt une nécessité pour garder un certain équilibre. Alors qu'elle se prépare à voyager dans l'espace et affronter des situations de stress extrême, Sophie Adenot a expliqué que cette pratique lui permettait de "s'ancrer", d'avoir de la "sérénité", d'"entretenir le corps pour être dans le bien-être" et "la performance, ensuite, quand il y en a besoin".

5 Elle avait déjà tenté sa chance lors de la phase de sélection de 2008

La détermination ne se mesure pas aux seules réussites, mais également aux tentatives. Sophie Adenot a participé à la session de sélection d'astronautes de l'Agence spatiale européenne de 2008-2009, lors de laquelle Thomas Pesquet a été sélectionné. Elle avait postulé à l'âge de 25 ans, alors qu'il faut au minimum en avoir 27 pour espérer être retenu.

A sa propre surprise, elle était passée entre les mailles du filet et n'avait été éliminée qu'à la troisième étape. Il ne restait alors plus que 180 candidats contre quelque 8 400 au départ. "Cela a été un échec, mais en même temps, je ne croyais pas du tout en moi. Cela a été le plus bel échec parce que j'ai pu me préparer, les dix ans qui ont suivi, à cette nouvelle sélection", a-t-elle déclaré au Figaro.

Lors de la phase de recrutement d'astronautes lancée en février 2021, environ 20 000 candidats se pressaient sur la ligne de départ. Sophie Adenot a réussi à se distinguer. Celle qui est entre temps devenue mère assure à France Télévisions que son fils "est tout simplement heureux" pour elle. "Quand il y en a un qui est heureux, l'autre est heureux en partage", déclare-t-elle lorsque la question lui est posée, au micro de France 24 comme à celui de RTL. Et de souligner : "Quand on fait des choses qui sortent un peu de l'ordinaire, en général, il y a une famille qui soutient derrière."

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