Rugby : "Encore des éléments d'inquiétude" pour l'ailier de Clermont Samuel Ezeala, grièvement blessé dimanche

Même si Samuel Ezeala, l'ailier de Clermont, récupère de son K-O, Jean Chazal, neurochirurgien au CHU de Clermont-Ferrand, a expliqué sur franceinfo lundi 8 janvier qu’il y a "Il y a encore des éléments d'inquiétude".

Le jeune ailier de Clermont Samuel Ezeala, grièvement blessé dimanche 7 janvier face au Racing 92 pour son premier match en Top 14. 
Le jeune ailier de Clermont Samuel Ezeala, grièvement blessé dimanche 7 janvier face au Racing 92 pour son premier match en Top 14.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

"Les nouvelles sont à la fois plutôt bonnes et un peu inquiétantes" pour le jeune ailier de Clermont Samuel Ezeala, grièvement blessé dimanche face au Racing 92 pour son premier match en Top 14, a expliqué lundi 8 janvier sur franceinfo le professeur Jean Chazal, neurochirurgien au CHU de Clermont-Ferrand.

Le joueur de Clermont, qui vient de fêter ses 18 ans, a été évacué sur une civière après un plaquage tête en avant sur Virimi Vakatawa, du Racing 92. "Il y a encore des éléments d'inquiétude. Il est est sorti du coma, a expliqué le professeru Chazal, par ailleurs expert au sein du Grenelle de la santé des joueurs. Il a été surveillé en soins intensifs à l'hôpital Beaujon près de Paris, et alors que nous devions le transférer à Clermont aujourd'hui, on a décidé de le laisser en surveillance, parce que le transport pourrait être dangereux."

Trop tôt pour évaluer les conséquences à long terme

Samuel Ezeala "a perdu connaissance plus d'une minute avec un réveil agité et difficile, ce qui est tout à fait typique de la commotion cérébrale", a expliqué le preofesseur Chazal.

Selon lui, il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences du choc subi par le jeune ailier de Clermont : "D'abord, il faut savoir quel sera l'état de son cerveau. A priori, l'imagerie est normale, mais il peut y avoir des microlésions. Et ces microlésions à très long terme peuvent entraîner des maladies neurologiques comme la maladie de Parkinson, des maladies dites dégénératives."

"Un jour, il y aura un mort" 

Membre de l'Observatoire médical de la Ligue nationale de rugby (LNR) et de la Fédération française de rugby (FFR), Jean Chazal alerte depuis plusieurs années sur les risques encourus par les rugbymen. "J'avais dit : un jour, il y aura un mort. On n'est pas passé loin hier. Je maintiens donc ce que je dis."

Le rugby était un sport universitaire pour occuper les pieds, les mains et la tête, il était stratégique, c'était un sport d'évitement. Il est devenu un sport de contact, de combat, un sport violent.Pr Jean Chazal

Pour Jean Chazal, "les blessures augmentent de façon considérable" et sont "de plus en plus graves". "On est arrivé à un point de préoccupation majeure", a-t-il estimé, tout en se réjouissant que "beaucoup de gens participent" au Grenelle de la santé des joueurs.