Décès d'un 5e greffé du coeur : "La société Carmat ne communique pas vraiment"

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a demandé la suspension des greffes du cœur artificiel Carmat, après le décès d'un 5e patient. Pour Claire Macabiau, présidente de France Greffe Cœur et/ou Poumons est "inquiétant".

Une employée de la société Carmat inspecte un cœur artificiel, le 24 septembre 2009.
Une employée de la société Carmat inspecte un cœur artificiel, le 24 septembre 2009. (FRANCK FIFE / AFP)
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franceinfoRadio France

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Après la mort d'un cinquième patient ayant reçu la greffe d'un coeur Carmat, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a demandé à l'entreprise de suspendre la seconde phase d'essais de la prothèse, le temps d'identifier les raisons du décès.

"Nous avons été informés plus d'un mois après le décès du 5e patient"

Le patient est décédé en octobre mais on ne l'a appris que mercredi 30 novembre. "La société Carmat ne communique pas vraiment. Nous avons été informés plus d'un mois après le décès du 5e patient", a regretté jeudi 1er décembre sur franceinfo Claire Macabiau, présidente France Greffe Cœur et/ou Poumons et greffée du cœur depuis 19 ans.

Claire Macabiau a "toujours été prudente, dès l'annonce de la première implantation. On nous avait annoncé que cette personne serait plus jeune, avec des problèmes médicaux moins importants que les quatre autres précédents. Donc c'est un peu inquiétant", a-t-elle déclaré sur franceinfo.

Les causes du décès ne sont pas encore connues, mais la société Carmat affirme que sa prothèse n'est pas en cause. "Il faut bien analyser toutes les raisons du 5e décès avant d'implanter de nouveau." Pour Claire Macabiau, ces prothèses ne sont pas une alternative à la greffe classique. "Il faut vraiment encore attendre un peu. La greffe ça marche vraiment bien. Nous avons des patients qui ont plus de 30 ans de greffe. Une moyenne de 25 ans est tout à fait normale."