L'Europe va tenter une nouvelle fois de définir les perturbateurs endocriniens, premier test pour Nicolas Hulot

Quelle position va prendre la France sur les perturbateurs endocriniens ? Les experts des États membres se réunissent, mardi, à Bruxelles, pour dire s’ils acceptent ou non la définition donnée par la Commission européenne.

Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire à l\'Elysée le 18 mai 2017.
Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire à l'Elysée le 18 mai 2017. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

C’est sans doute un premier test pour Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire. Les experts des États membres se réunissent, mardi 30 mai, à Bruxelles, pour dire s’ils acceptent ou non la définition donnée par la Commission européenne sur les perturbateurs endocriniens, des substances qui perturbent notre système hormonal. C'est la cinquième fois que la Commission européenne propose une définition. 

Ségolène Royal avait tenu bon

Ségolène Royal, la prédécesseure de Nicolas Hulot, avait toujours refusé les critères proposés par Bruxelles et elle avait tenu bon. Aux yeux de l'Europe, la définition d'un perturbateur endocrinien n’aurait même pas concerné le bisphénol A, pourtant interdit en France depuis deux ans pour ses effets prouvés sur le système hormonal. La définition des perturbateurs endocriniens est la clé pour ensuite interdire toute une série de substances chimiques comme les phtalates, le bisphénol et autre PCB.

Cette fois, la Commission a proposé des critères un peu plus restrictifs qui pourraient conduire à retirer du marché une quinzaine de produits. Cette nouvelle définition ne plaît pas beaucoup à l’industrie plastique. Quant aux associations, elles la jugent encore trop large car elle autorise des pesticides qui vont décimer de nombreux insectes, même ceux qui ne ravagent pas nos récoltes.

Silence radio du gouvernement

Jusqu’à présent, la France, le Danemark et la Suède s'étaient opposés aux précédentes définitions. Cette fois, c'est silence radio à Paris. On ignore la position du gouvernement. La décision pourrait être prise moins d’une heure avant la réunion de Bruxelles.