Comment faire pour ne pas déprimer malgré le manque d'ensoleillement ?

Franceinfo a interrogé un spécialiste en chronobiologie sur les gestes à adopter pour pallier le manque de lumière, particulièrement important cette année. 

Des badauds marchent sur un pont près de la tour Eiffel, à Paris, le 6 janvier 2018, sous un ciel menaçant. 
Des badauds marchent sur un pont près de la tour Eiffel, à Paris, le 6 janvier 2018, sous un ciel menaçant.  (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Vous avez l'impression de ne pas avoir vu le soleil depuis des lustres ? C'est le cas. "Entre le 1er et le 14 janvier, sur la France entière, il y a eu 16 heures de soleil en moins par rapport à la moyenne de référence, soit environ une heure de soleil en moins chaque jour", dévoile Le Parisien. Sur les 77 stations de Météo France dont le quotidien a obtenu les données, 75 ont ainsi enregistré un ensoleillement plus faible que la normale.

Le Sud-Ouest en pâtit particulièrement, avec 37 heures de soleil en moins à Aurillac (Cantal) et 33 heures en moins à Bordeaux (Gironde). Que faire pour éviter de déprimer ? Franceinfo a interrogé le docteur Damien Davenne, spécialiste en chronobiologie à l'université de Caen (Calvados). 

Franceinfo : Quelles conséquences le manque d'ensoleillement a-t-il sur l'organisme ? 

Damien Davenne Il y a deux facteurs à prendre en compte. Le manque d'ensoleillement a d'abord une action sur notre horloge interne, qui a du mal à avoir ses repères de nuit et de jour. Quand les jours sont courts et les nuits longues, la somnolence est accentuée et la vigilance réduite. L'humeur est aussi altérée et tend plus vers la dépression. Globalement, le besoin de sommeil est plus important : ça peut aller jusqu'à deux heures de sommeil en plus, par rapport aux mois de juillet ou août.

Le deuxième facteur, c'est l'effet direct du manque de lumière sur l'humeur. La lumière de l'extérieur est la plus importante, en termes d'intensité et de quantité. C'est le soleil qui apporte la vitamine D dont nous avons besoin : il faut donc continuer à s'exposer à la lumière du jour. Les personnes âgées sont d'ailleurs plus sensibles que les autres en cette période hivernale : elles sortent moins à cause du mauvais temps et s'exposent beaucoup plus à la lumière artificielle.

L'alimentation peut-elle pallier ce manque de lumière ? 

Il faut privilégier les aliments qui comportent de la vitamine D, donc, bien sûr, les fruits et les légumes. Ils peuvent compenser un système immunitaire qui est déprimé parce que le besoin de sommeil n'est pas satisfait ou que les vitamines ne sont pas là. On note quand même que les fruits et légumes d'hiver sont moins riches que ceux de l'été, mais on peut trouver ce qu'il faut avec les poireaux et les choux. 

Quid de la luminothérapie ? Est-elle efficace ? 

La luminothérapie est surtout utilisée contre le manque de luminosité à l'automne, même si ça ne peut pas faire de mal maintenant. En effet, elle permet de lutter contre la dépression saisonnière lorsque les jours raccourcissent. Un traitement de quelques jours est alors suffisant pour faire comprendre à notre horloge interne que l'on bascule dans un cycle automnal. Il faut se coucher plus tôt que d'habitude, en évitant de regarder tardivement la télévision. Préférer un bon livre est toujours plus efficace.