Risque "élevé" de grippe aviaire : "Il faut se protéger pour éviter une situation incroyablement difficile", alerte Julien Denormandie

Le ministère de l'Agriculture a relevé vendredi le niveau d'alerte concernant la grippe aviaire en France. Cela implique la mise à l'abri des élevages de volailles français. Sur franceinfo, Julien Denormandie s'est dit "très inquiet". 

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Radio France
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Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie à l'Elysée lors du conseil des ministers ,le 1er septembre 2021 à Paris. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le risque concernant la grippe aviaire en France a été revu à la hausse, vendredi 5 novembre, par le ministère de l'Agriculture. Il est désormais considéré comme "élevé", impliquant ainsi la mise à l'abri des élevages de volailles français. Le ministre Julien Denormandie s'est dit sur franceinfo "très inquiet" face à cette menace. 

Il a également dit vouloir éviter un scénario similaire à celui de l'hiver 2020, durant lequel le virus de l'influenza aviaire s'était répandu dans le Sud-Ouest et "avait conduit au dépeuplement de plus de 3,5 millions de volailles", essentiellement des canards. Pour cela, "il faut se protéger afin d'éviter une situation incroyablement difficile", a-t-il alerté.

franceinfo : Qu'est-ce qui vous a poussé à décréter ce nouveau confinement ?

Julien Denormandie : Aujourd'hui, nous sommes face à une menace très forte de voir se réintroduire ce virus de l'influenza aviaire. C'est ce virus qui, l'année dernière, était entré dans notre pays et avait conduit les autorités à devoir procéder au dépeuplement de plus de 3,5 millions de volailles. Pourquoi est-on très inquiet ? Parce que ce virus est aujourd'hui au Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, dans des élevages. Il commence à venir dans notre pays puisqu'on a eu trois cas dans des basses-cours. Il arrive avec les oiseaux migrateurs et la France est sur le couloir de migration. Alors que faites-vous face à un tel risque ? Vous essayez de vous protéger ou vous attendez que le virus arrive ? A l'évidence, il faut se protéger et mettre le pays sous risque élevé pour faire en sorte que les oiseaux ne soient pas en contact avec ces oiseaux migrateurs.

En pratique, que signifie ce niveau d'alerte pour les éleveurs ?

Il signifie qu'il faut protéger les oiseaux et les volailles. Jusqu'à présent, la seule possibilité était de les mettre dans des hangars, sous abri, mais nous avons fait évoluer les pratiques de protection pour s'assurer que l'élevage de plein air puisse perdurer. Concrètement, cela veut dire qu'on a des systèmes de protection, par exemple avec des filets, qui permettent aux oiseaux de continuer à avoir accès à l'extérieur. Cela n'existait pas lors du dernier épisode et je pense qu'il est très important de protéger ces systèmes de production. Il n'en reste pas moins que ce sont des décisions difficiles.

La mise en place de ces filets relève-t-elle d'une dérogation ? Y aura-t-il des aides pour les mettre en place ?

Ce n'est pas une dérogation mais un acte réglementaire que j'ai signé. Pendant huit mois, nous avons travaillé avec tous les professionnels, mis les différents scénarii sur la table et pris cette décision. Protéger veut donc dire mettre dans un hangar mais ça peut aussi être sous un filet. Malheureusement, le virus peut arriver à n'importe quel moment puisqu'il arrive avec les oiseaux migrateurs. Plus tôt le virus arrive, plus les impacts seront forts pour tout le monde, y compris avant les fêtes de fin d'année qui est la grande période de consommation des volailles. C'est donc pour protéger nos éleveurs que nous prenons ces décisions difficiles et c'est très compliqué pour eux. Nous les aidons sur deux plans : l'indemnisation dès lors qu'on doit faire des abattages, avec plusieurs dizaines de millions d'euros versés l'an dernier, et l'aide à l'investissement pour mettre en place des structures de protection au sein des élevages. Des aides de biosécurité ont aussi été renforcées avec le plan France Relance.

La possibilité d'une vaccination existe-t-elle aussi pour les oiseaux ?

J'y crois. Il n'y a pas de vaccin homologué au niveau européen mais c'est une option qu'il nous faut continuer à travailler. C'est un sujet qui a été très peu ouvert jusqu'à présent. En l'espace de six ans, on a déjà eu trois crises de l'influenza aviaire. Le vaccin pourrait probablement nous permettre de mieux nous prémunir. Cela porte aussi des difficultés, avec des pays qui n'acceptent pas d'avoir des produits issus d'animaux vaccinés carils craignent d'avoir des porteurs sains du virus mais il faut ouvrir ce dossier car c'est probablement l'un des moyens qui nous permettraient, sur le long terme, d'arrêter de vivre chaque année avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

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