Vaccination des enfants : des "données encourageantes" mais le professeur Fischer attend les résultats des États-Unis

Le pédiatre estime en revanche "tout à fait légitime de commencer la campagne de vaccination des enfants qui ont des risques".

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Radio France
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Le pédiatre Alain Fischer, le 8 octobre 2021. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)

"Nous avons des données tout à fait encourageantes" mais "nous attendons les résultats de la vaccination [des enfants] en cours aux États-Unis", pour "avoir des données de sécurité très solides", a déclaré le pédiatre Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, jeudi 9 décembre sur franceinfo.

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franceinfo : Le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale se dit "favorable mais avec des réserves" à la vaccination des enfants. Quelles sont ces réserves ?

Alain Fischer : Pour vacciner les enfants, il faut avoir la conviction que cela est utile, il faut avoir des données scientifiques qui montrent l'efficacité du vaccin – cela, nous l'avons par les essais cliniques – et nous avons la nécessité d'avoir des données solides sur la sécurité des vaccins. Nous avons des données tout à fait encourageantes puisque, dans l'essai clinique, il n'y a pas eu d'effets indésirables observés, mais le nombre d'enfants qui étaient inclus dans cet essai, environ 1 500, n'est pas suffisant pour écarter d'éventuelles possibilités - même si c'est peu probable - d'effets indésirables un petit peu moins rares. Donc nous attendons les résultats de la vaccination en cours aux États-Unis, parce que leur population d'enfants est plus malade que la nôtre. On devrait disposer de ces résultats dans assez peu de temps et, je l'espère, avoir des données de sécurité très solides et dans ce cas notre position est qu'il faut aller vers cette vaccination des enfants de 5 à 11 ans car elle sera utile, tant sur un plan individuel que collectif.

Vous dites qu'on aura les résultats dans "assez peu de temps". C'est-à-dire ?

On sait que les quelques rares effets indésirables observés surviennent très tôt après la vaccination, dans les 15 jours qui suivent. Donc, si on fait le calcul, le temps de vacciner les enfants américains, qu'ils aient leur rappel et qu'on observe les réactions de ces enfants, cela nous amène aux 15 jours à venir. Il faut toujours être un petit peu prudent, il y a le temps de l'analyse, mais c'est un relativement court terme. Il faut donc avoir cette information pour pouvoir bien expliquer aux parents concernés le bienfondé de cette vaccination.

Environ 360 000 enfants de 5 à 11 ans à risque vont être vaccinés à partir du 15 décembre. Remettez-vous en cause cette vaccination-là ?

Non, pas du tout parce que, pour ces enfants, la situation est plus risquée. D'une certaine façon, ça rejoint la situation de beaucoup d'enfants aux États-Unis qui sont en situation d'obésité. Il est tout à fait légitime de commencer la campagne de vaccination des enfants qui ont des risques, qui sont malades, pour telle ou telle raison, il y a toute une liste de pathologies concernées, et pour eux, à l'évidence, le bénéfice, en l'état des connaissances actuelles, l'emporte très largement sur les risques.

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