Obligation vaccinale pour les soignants : "J'arrêterai, et j'irai élever des chèvres", affirment des professionnels de santé à Marseille

La nouvelle loi sanitaire impose la vaccination contre le Covid-19 à l'ensemble des soignants. À Marseille, plusieurs dizaines d'entre eux ont manifesté, ulcérés. "Une goutte d'eau qui fait déborder le vase" après des mois en première ligne.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Quelques dizaines de soignants ont manifesté devant l'hôpital de la Timone, à Marseille, jeudi 5 août, contre l'obligation vaccinale qui leur est imposé. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Les soignants réticents face à l'obligation vaccinale sont descendus dans les rues de Marseille jeudi 5 août, quelques heures avant que le Conseil constitutionnel valide cette disposition inscrite dans la nouvelle loi sanitaire. Le syndicat Sud Santé de l'APHM a déposé un préavis de grève illimité.

Deux manifestations ont eu lieu devant l'hôpital Nord, et celui de la Timone, où une centaine de personnes se sont mobilisés. Dans la foule, face à la grille des urgences, des blouses blanches mais aussi des citoyens sont venus clamer leur opposition à la vaccination obligatoire des soignants. Certains bousculent et insultent les journalistes. 

"La manière n'est pas correcte"

À l'écart, Dominique, infirmière en psychiatrie, aimerait qu'on lui laisse le choix. Elle ne comprend pas la menace de sanctions à l'encontre des soignants qui ne se vaccineraient pas, à savoir une suspension du salaire à partir du mois de septembre. 

"On est face à un mur, j'en arrive à regretter d'avoir fait ce choix de métier il y a trente ans."

Dominique, infirmière en psychiatrie

à franceinfo

Clémence, aide-soignante, pense la même chose. "On a été au front depuis le début, la première vague. On avait aucune protection, des sachets poubelle sur nous", décrit-elle. "Et maintenant, on nous oblige sinon on s'en va ? Ce n'est pas possible ! C'est la manière qui n'est pas correcte. Alors, à partir du 15 septembre [date d'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale sous peine de suspension des soignants], j'arrêterai et j'irai élever des chèvres." 

Cette obligation entraînera une vague d'arrêts maladie ou de démissions, assure Nicolas, aide-soignant et représentant syndical Sud Santé à la Timone. "Qui va en pâtir ? Les patients !" assène-t-il. "Tous ces gens qui vous soignent vont quitter la profession. On en a marre. Moi, le premier, j'en ai marre. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase." Ici, beaucoup promettent de poursuivre la mobilisation.

 

Des soignants opposés à la vaccination obligatoire : reportage à Marseille de Mathilde Vinceneux
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