L’obligation vaccinale des pompiers est une "remise en cause des libertés individuelles", estime le principal syndicat de pompiers

La Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs et techniques spécialisés appelle à une grève illimitée.

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Radio France
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Un pompier injecte une dose de vaccin contre le Covid-19 dans un centre de Cayenne (Guyane), le 30 mars 2021. (JODY AMIET / AFP)

Les sapeurs-pompiers seront soumis à une obligation vaccinale à partir du 15 septembre au même titre que les soignants. La mesure a été validée jeudi 5 août par le Conseil constitutionnel. Mais le principal syndicat de pompiers s’y oppose. La FA SPP-PATS, la Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs et techniques spécialisés, dénonce une "remise en cause des libertés individuelles" et appelle à une grève illimitée dans toute le France à partir de mardi 10 août. Sur franceinfo jeudi, son porte-parole, André Goretti, rappelle qu’au début de la crise sanitaire, les pompiers ont continué à travailler sans "aucun moyen de protection" et surtout, qu’ils n’ont "jamais demandé à être considérés comme des soignants".

franceinfo : Comment recevez-vous cette décision des Sages ?

André Goretti : La décision des Sages est dans la continuité de la position du gouvernement. Nous l'avons bien compris, la Constitution fixe un schéma qui s'impose de fait à notre République. Mais pour autant, il y a une remise en cause aujourd'hui des libertés individuelles. On n'est pas en opposition avec le principe de vaccination, on est en opposition avec cette atteinte. Chez nous et dans notre corporation, il y a des sapeurs-pompiers qui ont fait le choix de se vacciner, d’autres qui ont fait ce choix contraints et d'autres qui ne souhaitent pas se faire vacciner, tout comme n'importe quel citoyen français.

Pourquoi, au sein de la Fédération, ne pas encourager le fait de protéger les pompiers contre le virus, pour mieux protéger ensuite le reste de la société ?

La crise a conduit à des fautes majeures. On se rappelle les prémices de cette crise sanitaire. Il n'y avait aucun moyen de protection pour les sapeurs-pompiers. On nous demandait même de venir travailler avec le Covid si nous étions positifs. Il y a des situations aujourd'hui qui sont mises en défaut. Un défaut surtout de discussion, d'approche. On apprend par les médias qu'il y aura une ligne de conduite appropriée et imposée aux sapeurs-pompiers, tout comme aux soignants. Il y a un gros problème aujourd'hui de dialogue social au sein de ce pays.

Regrettez-vous le fait d'avoir les mêmes devoirs que le personnel soignant ?

Nous n'avons jamais demandé à être considérés comme des soignants, à chacun son métier. Nous sommes les primo-intervenants dans le cadre du secours à la personne. Pour autant, lorsque le gouvernement nous qualifie de soignants, c'est d'ailleurs dans ce schéma qu'ils ont construit cette obligation vaccinale, notre statut est remis en cause. De la même façon, le gouvernement a décidé d'associer les sapeurs-pompiers aux campagnes vaccinales, nous y étions opposés tout simplement parce que le geste revenait au corps médical. Il y a toujours des problématiques statutaires, organisationnelles. Le sapeur-pompier, depuis que cette crise sanitaire sévit dans notre pays, est prêt, au travers des consignes opérationnelles, des protocoles sanitaires, à se protéger mais surtout protéger les victimes contre les risques de contamination. Nous savons le faire. Nous continuons à le faire. Mais certains d'entre nous ne souhaitent pas être vaccinés.

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