Dans les Pyrénées-Orientales, où les contaminations explosent, "on n'arrivera à s'en sortir que par le vaccin"

Le département enregistre ce 14 juillet le taux d'incidence le plus élevé en France métropolitaine. Résidents et vacanciers sont inquiets, mais certains sont toujours contre le vaccin. Les autorités sanitaires locales font tout pour les convaincre, et installent des centres de vaccination sans rendez-vous.

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Radio France
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Le pass sanitaire est mis en place pour assister à un concert donné au théâtre de la mer, sur la plage du Canet-en-Roussillon. Une longue file d'attente se forme devant l'entrée, le temps de contrôler les QR codes des spectateurs.  (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

La situation est de plus en plus délicate dans les Pyrénées-Orientales, où les contaminations au variant Delta du virus explosent, chez les jeunes notamment. Au 13 juillet, il représentait quasiment 90% des cas détectés, selon Santé Publique France. En pleine saison estivale et avec l'afflux de touristes, la situation inquiète les vacanciers, qui essaient tout de même de profiter de leur été en toute sécurité. 

"Pas pour moi, pour mes grands-parents"

Devant le théâtre de la mer, sur la plage de Canet-en-Roussillon, deux files sont mises en place : une pour ceux qui ont un QR code, l'autre pour ceux qui n'en ont pas. Le pass sanitaire est appliqué, avec une semaine d'avance. "Normalement, c'est le 21 juillet, comme l'a annoncé le président. Mais là, on teste un peu avec la population", explique Marina, qui coordonne la sécurité.

"On met les personnes vaccinées dans l'espace de droite, et les non-vaccinées à gauche, parce que les gens ont peur, les clusters apparaissent et s'enflamment."

Marina, coordinatrice de la sécurité au théâtre de la mer de Canet-en-Roussillon

à franceinfo

La circulation fulgurante du virus dans les Pyrénées-Orientales inquiète une retraitée, qui considère que la situation est grave. "On arrivera à en sortir que par le vaccin de toute façon", dit-elle. Beaucoup de spectateurs ce soir-là ont reçu leurs deux doses de vaccin. À l'image d'une jeune fille, "pour protéger [ses] grands-parents. Ce n'était même pas pour moi." Une autre adolescente avoue l'avoir fait pour "profiter des concerts".

Pour assister à un concert donné au théâtre de la mer, au Canet-en-Roussillon, le 13 juillet, il faut montrer son pass sanitaire. La mesure est mise en place, une semaine avant que l'obligation soit instaurée sur tout le territoire.  (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

Les médecins au camping, pour convaincre

Mais il y a aussi des sceptiques parmi le public. L'un d'entre eux estime ne pas avoir le choix. "C'est obligatoire, sinon on ne peut rien faire", dit cet homme, qui peut aussi faire des tests pour se rendre dans les lieux accueillant du public. "Si on m'interdit d'aller dans des centres commerciaux, je ferais mes courses au drive", déclare même une anti-vaccin.

"Je me fais pas vacciner comme ça, sans savoir ce qu'ils vont m'injecter dans le corps. Je préfère payer des tests !"

Une opposante au vaccin

à franceinfo

C'est sûr et facile de se faire vacciner, répète le docteur Jean-Louis Bolte. Le vice-président de l'Ordre des médecins des Pyrénées-Orientales ouvre ce 14 juillet 2021 un nouveau centre de vaccination sans rendez-vous, à la gare de Perpignan, "pour aller encore plus chercher les gens au plus près." Il ajoute que ses confrères vont "aller dans des campings du département pour essayer de motiver les non-vaccinés, les faire venir. Des centres éphémères ont été montés à droite et à gauche. Tout cela pour essayer d'accélérer la vaccination."

Chez les jeunes, le taux d'incidence frôle les 600

Une course contre la montre se joue pour réduire la progression du variant Delta. Hugues Aumaître, le responsable du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de Perpignan, pointe une infographie sur son ordinateur. Les Pyrénées-Orientales sont en rouge écarlate. "La situation actuelle dans le département, c'est 155 nouveaux cas de contamination pour 100 000 habitants, et une incidence beaucoup plus importante chez les 20-30 ans, autour de 600 pour 100 000", détaille-t-il. "C'est les vacances. La population du département est multipliée par deux. Il y a aussi la proximité avec l'Espagne, qui a vu l'épidémie s'accélérer depuis deux, trois semaines."

"On a les conséquences, en partie, de gens qui ont eu des contacts réguliers et récents avec l'Espagne."

Hugues Aumaître, chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital de Perpignan

à franceinfo

Hugues Aumaître craint un afflux important de patients à l'hôpital d'ici la fin du mois de juillet. Le préfet du département a par ailleurs indiqué que le port du masque en extérieur est obligatoire ce 14 juillet, pour assister aux cérémonies de la fête nationale et aux feux d'artifices. 

Covid-19 : la situation dans les Pyrénées-Orientales - Reportage de Sandrine Etoa-Andegue
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